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Mis à jour : 13 août 2019



1 En choisissant d’être artiste, à quoi avez-vous renoncé?

Je n’ai renoncé à rien.

C’est pas un choix par défaut, c’est conscient que j’ai emprunté ce langage, pour exister. Exister, c’est au moins résister, au mieux embrasser, proposer, entendre, comprendre, dire, faire et tout ce qu’il est possible de mettre en route pour harmoniser soi et son contexte. Aimer.

Cela s’est-il présenté comme un engagement?

Oui, un engagement complet.

« L’art est ce qui rend la vie plus interessante que l’art. » disait Robert Filliou. Il n'est pas là , question d’un but, mais d’un cheminement sans fin, qui requiert une forme d’engagement total.

En quoi la pratique artistique serait-elle un plein engagement?

On confond souvent l’oeuvre d’art et ce pourquoi elle est produite.

Avoir une vie artistique ce n’est pas juste produire un objet artistique, ou un concept. C’est mettre en vie cette proposition de façon populaire. C’est là, ce que je définie comme action artistique. Changer le monde, pas le décorer de nos dénonciations, le web et la tv s’en chargent.

Il s’agira de courber son propre axe de façon intelligible pour questionner le monde, afin d’initier un mouvement qui dépasse sa propre individualité, et infléchir ce qui doit être pour proposer d’autres possibles.

Pensez vous que l’art doit être au service d’une cause?

Je penses que l’artiste doit travailler son intention de façon à formuler un questionnement propre à changer la vie de ceux qui approchent son édifice. Changer la vie intègre forcément certains principe d’harmonisations. Servir l’art au lieu de s’en servir. On peut même dire que l’art n’a pas a servir une cause, car ce pourrait être la cause de l’artiste lui même. L’art devrait être la cause. Celle qui propulse le système à son point de changement.

Pour vous, laquelle est-ce?

Comme je l’ai dit, j’ai choisis de questionner notre relation au sens donné aux mots liberté, perdre, aimer et de mettre en jeux des situations qui éprouvent ces mots, ces notions, cette façon de vivre l’art et la vie, de créer du sens à partir du sensible et inversement, d’intégrer des notions d’apprentissage de la perte pour déconditionner les éléments qui permettent la prise de conscience avant l’action qui met de front les corps et les esprits qu’ils contiennent. Si l’expression plastique est un moyen de dire les choses, l’art est l’espace temps dans lequel se formule les art plastiques. Je pense que dire ne suffit plus, je construit mon action depuis le cycle « je penses - je dis - je fais ». Le corps à corps ainsi produit permet de re-dire, puis de re-penser et de re-produire du questionnement, plus fin plus juste afin d’agir.

Si le sujet c’est la liberté, l’objet est constitué d’association caritative, dont une en particulier qui se nomme FA.ZA.SO.MA, qui oeuvre pour accompagner celle et ceux qui meurent de faim, compressés sous le poids de la dépendance en lieux et place de l’interdépendance que nous ne percevons pas non plus à leur égard.

De grands artistes ont consacré leur oeuvre au service de la paix et contre la barbarie.

Cela peut il être encore le cas? Comment l’envisager vous?

C’est encore le cas, si on considère la paix comme un enjeux majeur, beaucoup d’artistes oeuvres dans ce sens. Si il en existent qui peignent directement des colombes, d’autres oeuvre jour après jour, à construire un travail qui permet d’écrire des vérités polymorphes qui ensembles nous reprochent de la réalité impalpable seul. La paix n’est qu’une conséquence de l’harmonisation des différences. Comprendre et défendre ce qui est différents apaise, de fait, les craintes primaires. L’art nous donne à vivre des expérience qui nous emmène lentement à décider de façon plus autonome. Plus instinctivement lié au corps que la philosophie, il aide chacun à s’écrire dans son contexte.

Une fois qu’on peut se nommer, on peut aider l’autre. Ainsi série après série je constitue une ensemble de questionnements fournis tour à tour, au spectateur, au galeristes, aux artistes, aux collectionneurs. Ces questionnements sont liés à une action, qui nécessite un engagement aussi, de celui qui n’est pas l’artiste.

#interview #demarche #layral

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