• layral

ÊTRE AUX AUTRES.

Mis à jour : 13 août 2019


A PROPOS DE Layral Sébastien LE COLOSSE AU COEUR TENDRE. Souvenir d’une performance le 25 août 2018, Toulon. « Un subtil contraste apparaît dans le travail de Sébastien Layral, le gigantisme des toiles et la carrure de l’homme côtoient une démarche non pas tournée sur la démonstration de force, mais vers l’être aux autres. Cet équilibre oeuvre dans le travail participatif qu’il propose et trace un sillon qui maintient le lien en créant une trace émotionnelle entre les différents supports ; de la toile à la peau à l’inscription mémorielle des participants. Ainsi, la brutalité de certaines peintures vient déborder du châssis pour venir s’inscrire dans les autres, et les autres en lui et inversement... Une oeuvre de la mise en relation qui travaille sur le champ des limites, la spatialisation de l’inscription, qu’elle soit physique ou psychique. L’homme-artiste arrive à convoquer un public qu’il rend acteur de son processus de création.


Ainsi les participants de cette installation-performée « Libre ? » étaient invités à inscrire sur une toile vierge leurs ressentis au regard d’une peinture « 411 doute » exposée en face puis, poursuivre une ligne tracée sur le corps de Sébastien Layral en le tatouant ; la question posée au public était celle de la liberté. L’aboliti

on des barrières et l’effacement des frontières auxquelles le public a assisté a fait naître le mot amour repris par plusieurs participants lors de cette performance.

Cette pratique trans, qui transperce la peau, passe la barrière de la chair, et imprime l’âme, c’est aussi l’expérience du passage : le créateur devient lui-même le support, un passeur, celui par qui les participants pourront rentrer en connexion et faire l’expérience d’un je au travers de l’autre. Le public hétéroclite a été très touché par cette démarche singulière, où l’homme-artiste fait corps avec son public, un corps à coeur qui relève du don de soi. Je n’ai pas tatoué Sébastien Layral ce jour là, Il n’en demeure pas moins que cette expérience psycho corporelle a passé la barrière de mes chairs pour s’inscrire en moi, et résonne encore aujourd’hui en écho comme un souffle de liberté.

Marielle Degioanni, août 2018-mars 2019


155 vues