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conPASSION

? Je suis là

 

conPASSION est une racine courte de l'écosystème, présentée en 2012 au Manoir Saint Félix à Rodez. Une performance participative unique : douze participants tatouent leur présence sur le corps de l'artiste, en piquant l'encre avec des fleurs de cerisier. Trois d'entre eux demandent ensuite à être tatoués par l'artiste de la même fleur — transformant le geste participatif en chaîne de contagion.

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LECTURE SÉMANTIQUE
 

COMPASSION : le mot est là entier, lisible. Du latin cum (avec) + pati (souffrir) — mais l'étymologie ici n'est pas le sujet. Elle est le point de départ d'un détournement.

La typographie coupe : con + PASSION.

CON : le préfixe latin cum glisse vers l'insulte française. L'idiot, celui qui ne calcule pas, qui n'optimise pas, qui donne sans garantie de retour. Dans la logique de l'écosystème, cette « conerie » est une posture éthique — le refus de la distance, de la prudence gestionnaire. Être pleinement avec l'autre sans filet, c'est ce que le monde appelle naïveté et que la série revendique comme praxis.

PASSION : l'ardeur, l'engagement qui ne raisonne plus à froid. Non la souffrance partagée, mais l'énergie qui pousse à construire avec — la force motrice de toutes les séries collaboratives.

La contraction conPASSION dit ce que la compassion conventionnelle tait : qu'être pleinement avec l'autre, dans l'acte de co-créer, exige une forme d'abandon de soi qui dépasse le calcul. C'est l'idée démocratique du avec portée à son point le plus radical — non pas témoigner, non pas aider, mais faire ensemble, à parts égales, dans la matière.

? Je suis là — la présence comme acte fondateur. Avant le projet, avant le protocole — être là. La question du point d'interrogation n'est pas existentielle, elle est politique : est-ce que ma présence suffit à enclencher quelque chose ? La série, par le tatouage inscrit dans la chair, répond que oui — être là laisse une trace.




LE DISPOSITIF
 

conPASSION se déploie en plusieurs temps. En amont, un arbre est tatoué sur le dos de l'artiste — image de la croissance et de l'enracinement. Au début de la performance, un tatoueur ajoute des branches de cerisier sans dessin préparatoire — l'improvisation devient méthode.

Le public est alors invité à venir tatouer lui-même sa présence sur le corps de l'artiste, en piquant l'encre avec des fleurs de cerisier. Douze participants gravent ainsi leur compassion, leur présence, leur engagement sur une peau qui les accueille. Le geste est rituel et collectif — chaque participant choisit où poser sa fleur le long des branches déjà tatouées, ajoutant une floraison à l'arbre commun.

Trois personnes demandent ensuite à être tatouées par l'artiste de la même fleur. Le geste, initialement à sens unique (le public marque l'artiste), devient circulation. Ce qui était inscription sur un corps devient échange entre corps. La compassion, gravée dans la chair, ne reste pas chez celui qui la reçoit — elle se propage.




LE GESTE DU CERISIER
 

La fleur de cerisier porte une charge culturelle précise. Dans la tradition japonaise, elle est le symbole le plus connu de l'impermanence — sakura, qui fleurit brièvement avant de tomber, qui célèbre la beauté de ce qui ne dure pas. La fleur de cerisier est ce qu'on contemple ensemble parce qu'on sait que ça ne dure pas.

Mais elle est aussi le symbole de l'infini ouvert : chaque année, le cerisier refleurit. La perte n'est pas une fin — c'est une saison qui prépare la suivante. L'impermanence et l'infini coexistent dans la même fleur. Ce qui fleurit aujourd'hui mourra demain, et refleurira l'année prochaine.

conPASSION utilise cette double charge. Le tatouage est définitif — la fleur restera sur la peau de l'artiste pour toujours. Mais elle a été piquée avec une vraie fleur de cerisier, fragile, périssable, qui ne dure que le temps de la performance. L'éphémère pique le permanent. Ce qui est mortel grave ce qui restera. La compassion ainsi inscrite tient simultanément le « tu es là pour un instant » et le « tu seras là pour toujours ». C'est l'exact contraire d'un sentiment abstrait.

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L'impermanance




ŒUVRES
 

Une performance unique en 2012. Le corps de l'artiste est l'œuvre, marqué par douze participants. Trois œuvres dérivées (les fleurs tatouées sur les trois participants venus se faire marquer en retour).



EXPOSITIONS
 

2012 — Manoir Saint Félix, Rodez, France



PLACE DANS L'ÉCOSYSTÈME
 

conPASSION est une racine courte qui pose la question de la compassion comme tatouage permanent. Elle dialogue avec LIbrE sur le tatouage participatif et avec GRAFF sur l'inscription collective, mais où ces séries (postérieures) ouvrent l'inscription à l'altérité libre sans réciprocité, conPASSION garde une réciprocité partielle — trois participants reçoivent en retour le tatouage qu'ils ont posé. Elle nourrit le tronc en révélant que LOst-It est aussi une compassion — créer en reconnaissant que chacun participe à cette création, même si le créateur est seul devant la toile.



RÉCAP FINAL
 

conPASSION — 2012, performance unique. Douze participants tatouent leur présence sur le corps de l'artiste en piquant l'encre avec des fleurs de cerisier. Trois participants reçoivent en retour la même fleur tatouée par l'artiste. Manoir Saint Félix, Rodez.



DOSSIER SPÉCIFIQUE
 



MICRO-RÉFÉRENCE FICUS

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  Ficus macrophylla monumental de Giardino Garibaldi, piazza marine à Palermo.

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