DÉMARCHE
" Que nous devons nous d'être au monde ? "
Depuis 1987, je tiens cette question par une pratique plutôt que par un discours. Peinture, performance et dispositifs participatifs en un même geste : maintenir une qualité de présence face à ce qui résiste. L'absurde camusien n'est pas la référence du travail mais une tension à habiter. Ce devoir d'être ne se conclut pas — il s'éprouve.
LE SYSTÈME : UN ARBRE VIVANT
L'écosystème suit la structure d'un arbre vivant : tronc, racines, branches, bourgeons. La logique n'est pas hiérarchique mais circulatoire. Une série ancienne peut redevenir racine, une performance devenir branche, un projet bref ouvrir une direction nouvelle.
Le tronc est la série pivot autour de laquelle l'œuvre s'organise. Les racines sont les séries depuis 1987 qui continuent d'irriguer. Les branches sont les séries majeures actives. Les bourgeons sont les projets en cours dont la forme se cherche encore. Voir la page Œuvres → pour la liste complète et les pages dédiées.
LE TRONC
LOst-It est le moment pivot. Apparue en 2022, la série cristallise rétroactivement trente-cinq ans de pratique : les œuvres anciennes sont relues à la lumière de l'absurde, révélant des possibilités déjà présentes. Le tronc n'efface pas les racines, il les organise. Le projet annonce 12 000 peintures sur cent ans (2022-2122). Voir la page LOst-It → pour le détail.
OUTILS PLASTIQUES
Deux concepts d'aïkido traversent la pratique. Ma-ai, la distance juste : ne rien résoudre trop vite. Irimi, l'engagement direct : entrer dans la confrontation pour la transformer en coopération. De là naît le dessaisissement — peindre ou performer comme renoncement à la maîtrise totale, afin que l'autre, toile ou public, devienne acteur de l'œuvre.
L'absurde camusien fonctionne sur le même mode. Non comme thème à illustrer mais comme condition habitable : reconnaître l'écart entre le sens cherché et le réel, et continuer malgré tout. La pensée d'Olivier Hamant sur la robustesse du vivant rejoint cette posture : rien ne se perd, tout se reconfigure. Le corps est le matériau brut de cette discipline, non son vecteur d'expression.
FILIATION
La démarche s'inscrit dans une généalogie assumée — non comme influences à imiter mais comme tensions au sein desquelles penser.
Camus traverse tout : à seize ans, jouer L'Étranger inscrit l'absurde dans le corps avant la pensée.
En peinture : Filliou pour la création permanente, Opalka pour le rapport au temps comme matière, Soulages pour la rencontre fondatrice à treize ans à Rodez (« peindre ne suffit plus, il faut être artiste »), Gasiorowski pour la remise en question permanente de l'acte de peindre.
En performance : Nauman, Journiac, Abramović — pour qui l'engagement physique engage une responsabilité éthique.
Présences contemporaines : Olivier Hamant, biologiste de la robustesse du vivant ; Cristina Escobar, qui retrouve les mêmes sujets avec une autre forme.
FICHE ÉCOSYSTÈME
Démarche en travail depuis 1987.
Tronc : LOst-It (depuis 2022).
Branches : LIbrE, O Μινώταυρος, inTIME (et autres séries actives).
Racines : vingt-trois séries depuis 1987.
Bourgeons : projets en cours.
Engagement humanitaire : FA.ZA.SO.MA., présidence depuis 2016.
Le devoir éthique d'être ne se conclut pas — il s'éprouve.