top of page

Marie-Agnès Gillot

? Étoile

 

Marie-Agnès Gillot est un bourgeon de l'écosystème. Une peinture monumentale réalisée en 2018 (250×800 cm) et un projet performatif en attente, construits autour d'une question fondatrice : qu'est-ce qu'un artiste, à quoi sert la culture ? Le projet convoque la danseuse étoile Marie-Agnès Gillot, le rappeur Didier Morville (Joey Starr), le jeune exilé ivoirien Siaka Doumbia, l'Orchestre National d'Auvergne et Christophe Debouit pour faire de l'étoile non plus un astre solitaire mais une boussole collective.

Voir la page Démarche →




LECTURE SÉMANTIQUE
 

Trois noms. Pas un titre, pas un pseudonyme : une identité civile complète, portée dans son intégralité. Le choix du nom propre comme titre place d'emblée la série sous le signe du singulier absolu — non une figure, non un archétype, mais une personne nommée.

MARIE : prénom marial, chargé de deux mille ans d'iconographie occidentale. La mère, l'intercession, la douleur silencieuse. La femme qui regarde son fils mourir sans baisser les yeux. Ce prénom porte le sacrifice par procuration, la présence immobile au cœur de la tragédie.

AGNÈS : du latin agnus, l'agneau. Sainte Agnès, martyre romaine, fut décapitée pour avoir refusé d'abjurer. L'agneau désigne l'innocence qui se laisse mener, et simultanément la victime consentante qui élève le sacrifice à la dignité. Deux prénoms religieux consécutifs : la mère et l'agneau. La douleur et l'offrande.

GILLOT : le patronyme ramène au terrestre, à la lignée, à ce qui précède et survit. Il ancre les deux prénoms dans une histoire de chair, dans une généalogie. L'identité n'est pas seulement spirituelle — elle a une origine familiale, une dette envers ceux qui sont venus avant. Ici résonne directement la famille résistante, ceux qui ont caché les porteurs d'étoile jaune.

? Étoile — du latin stella, devenu esteile en ancien français. L'étoile oriente — c'est par elle que les marins naviguaient avant les instruments. Mais l'étoile est aussi toujours passé : la lumière qu'on voit a voyagé des milliers d'années ; l'astre peut n'exister plus. Elle guide depuis une distance infranchissable. Danseuse étoile : titre le plus élevé de l'Opéra de Paris, sommet de la hiérarchie du corps — la reconnaissance de la chair élevée au rang du signe. Le jeu Étoile / Star / Starr (Joey Starr, Didier Morville) relie les deux figures dans une même constellation sémantique.

Le point d'interrogation renverse la certitude : ? Étoile n'est pas une affirmation. C'est la question posée au corps qui danse, au public qui regarde, à la toile blanche qui efface et reçoit. Sommes-nous guidés par ce que nous croyons voir ? L'étoile indique-t-elle une direction ou révèle-t-elle simplement notre solitude dans le noir ?




LE DISPOSITIF
 

La toile 999 Marie-Agnès Gillot (2018, huile sur lin, 250×800 cm) représente Siaka Doumbia dans la position du jeune enfant syrien Aylan Kurdi, retrouvé mort sur une plage turque. Ce grand format — l'homme fragile étendu, horizontal, immense — reçoit une peinture très foncée avant la performance : la vidéo projetée dessus depuis le début demeure imperceptible.

Marie-Agnès Gillot est La Lumière. À trois mètres devant la toile, une baignoire en fonte remplie de peinture blanche. Elle se charge de peinture en utilisant son corps comme pinceau. Son but est de recouvrir entièrement la toile — au sens littéral du terme : cacher et diffuser. L'écran blanc qui en résulte révèle alors la vidéo projetée depuis l'origine : les visages du public, éclairés comme autant de petites étoiles nécessaires pour guider les plus fragiles.

Les Gardiens (Christian Pogorely, Mickael Frid) portent l'habit composé du kekogi, hakama, obi et une armure-corset référencée au Daimyo Date Masamune. Ils font corps avec la toile par des traverses d'acier — ils amortissent les assauts de Marie Agnès et remettent la toile en place pour que la projection reste nette.

Didier Morville (Joey Starr) est L'Oracle : il incarne le récit de Siaka Doumbia, texte corrigé en collaboration avec Cristelle Buvat. « Pour M'sieur Gillot, ok. » avait-il répondu. La trame sonore est produite par Christophe Debouit. La musique est confiée à l'Orchestre National d'Auvergne.




LES INTERVENANTS
 

Marie-Agnès Gillot — La Lumière. Danseuse étoile de l'Opéra de Paris jusqu'en 2018, choisie pour sa capacité à porter le titre d'étoile sans l'objectifier. Elle apporte au projet l'histoire de sa famille — des résistants qui vinrent en aide aux Juifs traqués pendant la Seconde Guerre mondiale. Un travail de résistance sur son propre corps, parfois jusqu'à le marquer, le moduler, devenir étoile. « D'étoiles en étoiles » : une relation à son fils, une réflexion sur la transmission.

Didier Morville (Joey Starr) — L'Oracle. Sa réponse à l'invitation, succincte : « Pour M'sieur Gillot, ok. » Il incarne le récit de Siaka Doumbia, texte corrigé en collaboration avec Cristelle Buvat.

Siaka Doumbia — Le Corps représenté. Jeune exilé ivoirien dont la position dans la peinture cite Aylan Kurdi. Le projet le sort de l'anonymat statistique des récits migratoires en lui donnant un nom, un corps grand format, et une parole portée par L'Oracle.

Christophe Debouit — La Trame sonore.

Orchestre National d'Auvergne — La Musique.

Les Gardiens (Christian Pogorely, Mickael Frid) — La Continuité physique. Ils tiennent la toile pendant la performance, amortissent les assauts de Marie Agnès, remettent la toile en place pour que la projection reste nette. Sans eux, le dispositif s'effondre.




LIEUX ENVISAGÉS
 

La performance a été pensée pour des lieux capables d'accueillir le dispositif technique (projection vidéo, baignoire de peinture, traverses d'acier, espace pour la danseuse). Les lieux envisagés à ce jour par marie-Agnès : la Galerie Thaddaeus Ropac et le Palais de Tokyo ou le musée de l'immigration.

Aucune date n'est fixée. Les engagements de l'ensemble des intervenants — Marie-Agnès Gillot, Didier Morville, Christophe Debouit, l'Orchestre National d'Auvergne, les Gardiens — convergent encore. Le projet attend le moment où la convergence sera complète, dans un lieu prêt à accueillir l'exigence technique et la durée de la performance.

« Étoile(s), Star(r)s, de l'association de leur lecture jaillit la lumière qui guide ceux qui ont perdu le chemin, ceux qui dans la vie n'ont plus rien, et ceux qui ne le savent pas encore. »

marie-agnes-gillot-james-bort-4.jpg

Marie Agnès Gillot




ŒUVRES
 

Une peinture grand format réalisée (250×800 cm) et un projet performatif en attente. Les vignettes documentent la toile existante et les éléments préparatoires du dispositif performatif.



EXPOSITIONS
 

Projet en attente. La toile 999 (2018) circule comme élément autonome dans certaines expositions, en annonce du projet performatif complet.



PLACE DANS L'ÉCOSYSTÈME
 

Marie-Agnès Gillot est un bourgeon qui pose la question de la figure comme guide collectif. Elle dialogue avec JoeyStarr en explorant des figures publiques du combat — mais là où JoeyStarr reste mythologique et part de l'intérieur d'une amitié, Marie-Agnès Gillot incarne l'engagement réel d'un corps dans l'espace public, mobilise un dispositif performatif complet, et fait de l'étoile non un objet de contemplation mais une lumière qui révèle d'autres visages. Elle dialogue avec DANS LE VENTRE DE LA PEINTURE sur la représentation des figures engagées — mais là où cette série dissout l'image dans le chaos par brouillage, ici la dissolution est performative : c'est le blanc de la peinture corporelle qui efface la toile sombre et révèle simultanément les visages du public en projection vidéo. Elle nourrit le tronc en révélant que LOst-It peut invoquer les vivants pour créer du sens — que la répétition absurde du geste peut devenir, dans une seule performance, lumière collective.



RÉCAP FINAL
 

Marie-Agnès Gillot — depuis 2018, bourgeon en projet. Une peinture monumentale réalisée (huile sur lin 250×800 cm) et un projet performatif en attente, convoquant Marie-Agnès Gillot, Didier Morville (JoeyStarr), Siaka Doumbia, l'Orchestre National d'Auvergne, Christophe Debouit, et les Gardiens. Lieux envisagés par Marie-Agnès: Galerie Thaddaeus Ropac, Palais de Tokyo ou le musée de l'immigration.



DOSSIER SPÉCIFIQUE
 



MICRO-RÉFÉRENCE FICUS

Ficus macrophy a monumental de Garcino Canbeldi_edited.jpg

  Ficus macrophylla monumental de Giardino Garibaldi, piazza marine à Palermo.

bottom of page