Marie Agnès Gillot

Marie Agnès Gillot
LES DONNÉES
Sous-Titre : ? Etoile
Catégorie : Projet
Période : 2018 - ?
Réalisations : 1 Peinture + 1 Projet participatif (série ouverte)
Présentation générale : MARIE AGNÈS GILLOT est un projet performatif et pictural construit autour d'une question fondatrice : Qu'est-ce qu'un artiste ? À quoi sert la culture ? Il convoque la danseuse étoile Marie Agnès Gillot, le rappeur Didier Morville (Joey Starr), le jeune exilé ivoirien Siaka Doumbia, l'Orchestre National d'Auvergne et Christophe Debouit pour faire de l'étoile non plus un astre solitaire mais une boussole collective — lumière qui guide ceux qui ont perdu le chemin.
LE PORTFOLIO
Sélection : 1 œuvre et éléments du projet.

999 • MARIE AGNES GILLOT
2018 • Huile sur lin pour performance • 250x800 cm

Aylan Kurdi, jeune enfant Syrien retrouvé noyé sur une plage Turque.

Siaka Doumbia devant son portrait.

Simmulation 3D des deux porteurs de toile

Schémas de la scénographie pour la perfomance.
LE PROJET
« Étoile(s), Star(r)s, de l'association de leur lecture jaillit la lumière qui guide ceux qui ont perdu le chemin, ceux qui dans la vie n'ont plus rien, et ceux qui ne le savent pas encore. »
La toile 999 MARIE AGNES GILLOT (2018, huile sur lin, 250×800 cm) représente Siaka Doumbia dans la position du jeune enfant syrien Aylan Kurdi, retrouvé mort sur une plage turque. Ce grand format — l'homme fragile étendu, horizontal, immense — reçoit une peinture très foncée avant la performance : la vidéo projetée dessus depuis le début demeure imperceptible.
Marie Agnès Gillot est La Lumière : à trois mètres devant la toile, une baignoire en fonte remplie de peinture blanche. Elle se charge de peinture en utilisant son corps comme pinceau. Son but est de recouvrir entièrement la toile — au sens littéral du terme : cacher et diffuser. L'écran blanc qui en résulte révèle alors la vidéo projetée depuis l'origine : les visages du public, éclairés comme autant de petites étoiles nécessaires pour guider les plus fragiles. Les Gardiens (Christian Pogorely, Mickael Frid), portant l'habit composé du kekogi, hakama, obi et une armure-corset référencée au Daimyo Date Masamune, font corps avec la toile par des traverses d'acier — ils amortissent les assauts de Marie Agnès et remettent la toile en place pour que la projection reste nette.
Didier Morville (Joey Starr) est L'Oracle : il incarne le récit de Siaka Doumbia, texte corrigé en collaboration avec Cristelle Buvat. « Pour M'sieur Gillot, ok. » avait-il répondu. La trame sonore est produite par Christophe Debouit. La musique est confiée à l'Orchestre National d'Auvergne.
Marie Agnès Gillot a précisé ses propres notes de travail : un portrait qui prend en compte l'histoire de sa famille — des résistants qui vinrent en aide aux Juifs traqués pendant la Seconde Guerre mondiale. Un travail de résistance sur son propre corps, parfois jusqu'à le marquer, le moduler, devenir étoile. « D'étoiles en étoiles » : une relation à son fils, une réflexion sur la transmission. Les lieux envisagés : la Galerie Thaddaeus Ropac, le Palais de Tokyo.
EXPOSITIONS
Projet en développement
LECTURE SÉMENTIQUE
Trois noms. Pas un titre, pas un pseudonyme : une identité civile complète, portée dans son intégralité. Le choix du nom propre comme titre place d'emblée la série sous le signe du singulier absolu — non une figure, non un archétype, mais une personne nommée.
MARIE : prénom marial, chargé de deux mille ans d'iconographie occidentale. La mère, l'intercession, la douleur silencieuse. La femme qui regarde son fils mourir sans baisser les yeux. Ce prénom porte le sacrifice par procuration, la présence immobile au cœur de la tragédie.
AGNÈS : du latin agnus, l'agneau. Sainte Agnès, martyre romaine, fut décapitée pour avoir refusé d'abjurer. L'agneau désigne l'innocence qui se laisse mener, et simultanément la victime consentante qui élève le sacrifice à la dignité. Deux prénoms religieux consécutifs : la mère et l'agneau. La douleur et l'offrande.
GILLOT : le patronyme ramène au terrestre, à la lignée, à ce qui précède et survit. Il ancre les deux prénoms dans une histoire de chair, dans une généalogie. L'identité n'est pas seulement spirituelle — elle a une origine familiale, une dette envers ceux qui sont venus avant. Ici résonne directement la famille résistante, ceux qui ont caché les porteurs d'étoile jaune.
? ÉTOILE : du latin stella, devenu esteile en ancien français. L'étoile oriente — c'est par elle que les marins naviguaient avant les instruments. Mais l'étoile est aussi toujours passé : la lumière qu'on voit a voyagé des milliers d'années ; l'astre peut n'exister plus. Elle guide depuis une distance infranchissable. Danseuse étoile : titre le plus élevé de l'Opéra de Paris, sommet de la hiérarchie du corps — la reconnaissance de la chair élevée au rang du signe. Le jeu Étoile / Star / Starr (Joey Starr, Didier Morville) relie les deux figures dans une même constellation sémantique : deux êtres qui brillent, deux boussoles que la société ne regarde pas de la même façon.
Le point d'interrogation renverse la certitude : ? Étoile n'est pas une affirmation. C'est la question posée au corps qui danse, au public qui regarde, à la toile blanche qui efface et reçoit. Sommes-nous guidés par ce que nous croyons voir ? L'étoile indique-t-elle une direction ou révèle-t-elle simplement notre solitude dans le noir ?
PLACE DANS L'ÉCOSYSTÈME
MARIE AGNÈS GILLOT est une racine courte qui pose la question de la figure comme guide collectif. Elle dialogue avec JOEYSTARR en explorant des figures publiques du combat — mais là où JOEYSTARR reste mythologique et part de l'intérieur d'une amitié, MARIE AGNÈS GILLOT incarne l'engagement réel d'un corps dans l'espace public. Elle dialogue avec DANS LE VENTRE DE LA PEINTURE sur la représentation des figures engagées — mais là où cette série dissout l'image dans le chaos, ici la dissolution est performative : c'est le blanc de la peinture corporelle qui efface et révèle simultanément. Elle nourrit le tronc en révélant que LOst-It peut invoquer les vivants pour créer du sens — que la répétition absurde du geste peut devenir, dans une seule performance, lumière collective.
ÉCOSYSTÈME DE RÉFÉRENCE
Caractéristiques principales :
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Espèce : Ficus macrophylla (figuier de la baie de Moreton), originaire d’Australie.
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Plantation à Palerme : 1863–1864.
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Hauteur : environ 30 m.
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Structure : un tronc central avec de nombreuses racines aériennes qui descendent au sol et deviennent de nouveaux “piliers”, donnant l’impression d’un arbre avec branches-racines multiples.
• Il est souvent considéré comme l’un des plus grands arbres d’Europe en volume de végétation.

Ficus macrophylla monumental de Giardino Garibaldi, piazza marine à Palermo.