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PEINTURE

? Peinture

 

PEINTURE est la racine absolue de l'écosystème, antérieure à tout protocole. Pratique originelle depuis 1987, où le médium se pose comme seule certitude. Origine de toutes les autres séries, terrain où les hypothèses formelles s'éprouvent avant de devenir protocole, refuge quand le protocole cède. Près de mille trois cents peintures à l'huile, formats variés, sujets variés, sans règle de participation, sans extraction typographique du titre. La peinture pour elle-même.

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LECTURE SÉMANTIQUE
 

PEINTURE — le mot qui se pose lui-même comme question. Opération : auto-interrogation. Du latin pingere : peindre, mais aussi tatouer, colorer, représenter — le geste physique avant le résultat. Le suffixe -ture est une charnière : il désigne à la fois l'action et son produit, comme rupture, ouverture, nature. PEINTURE contient simultanément le geste et l'objet, le faire et le fait. On ne peut pas les séparer — le mot ne le permet pas.

Il porte aussi, au début, peine — l'effort, la difficulté, la souffrance consentie. Se donner de la peine : prendre soin, s'appliquer, ne pas économiser. La peinture étymologiquement est un labeur avant d'être une image.

? Peinture — le sous-titre est le titre. Nulle part ailleurs dans l'écosystème un mot ne se retourne ainsi sur lui-même. Le point d'interrogation placé devant ce seul mot ne demande pas ce qu'est la peinture en général — il demande si ce qui se fait ici est encore de la peinture, si le mot tient encore, si l'identité qu'il nomme est une certitude ou une question ouverte. C'est la série la plus ancienne et la seule qui n'ait pas trouvé de réponse — parce qu'elle est la question elle-même.




LE DISPOSITIF
 

PEINTURE n'a pas de dispositif au sens où l'entendent les autres séries. Pas de règle de participation, pas d'extraction typographique du titre, pas de transposition. Huile sur toile, formats variés, sujets variés. Le rapport direct à la matière, sans protocole, sans concept préalable.

Ce qui définit la série, c'est précisément ce qu'elle refuse de définir. La main, la matière, la durée. Le geste sans intention narrative, parfois proche du témoignage : peindre ce qu'on a vu, ce qu'on a aimé, ce qu'on a perdu — sans chercher à le transformer en argument. La peinture pour elle-même n'est pas une posture esthétique. C'est ce qui reste quand on enlève tout le reste.

Près de mille trois cents pièces depuis 1987. Aucune ne nourrit explicitement le tronc. Aucune ne s'inscrit dans un protocole formalisé. Et pourtant chacune contribue à rendre les autres possibles.




LA TRIPLE FONCTION — ORIGINE, TEST, REFUGE
 

Trois fonctions s'entrelacent dans PEINTURE sans qu'aucune ne soit première.

Origine. C'est de PEINTURE que toutes les autres séries ont émergé. PEINTOMATON, FANIMAL, INO ONI, VANITÉ, DÉSIRE, AVEC, JE SUIS UNE PUTE — toutes ont germé dans des peintures qui ne faisaient pas encore série. Quand une pièce a posé une question suffisamment vive pour réclamer un protocole, la série est née. Avant la formalisation, il y avait la matière.

Test. Les hypothèses formelles s'éprouvent ici avant de devenir protocole, ou meurent en silence. Un format, un geste, une couleur, une tension entre figure et fond : si la peinture tient sans cadre conceptuel, l'idée est gardée. Si elle ne tient pas, l'idée disparaît. PEINTURE est le filtre antérieur à toute série — le seuil que doivent franchir les intuitions avant d'être nommées.

Refuge. Quand une série déborde sa propre règle, quand le médium fausse le rapport au protocole, quand l'échec continue, les peintures concernées reviennent ici. PEINTURE absorbe ce que les protocoles ne savent pas tenir. C'est pourquoi la racine absolue ne se referme jamais — elle reste vivante, vacante, disponible. Elle est la condition de possibilité du tronc et le lieu où le tronc continue de puiser.




L'ÊTRE ET L'AVOIR
 

PEINTURE formule, sans la théoriser, la première question de l'écosystème : être peintre, ou avoir des peintures ? Être dans le geste, ou posséder son résultat ? Cette dissociation, longtemps inconsciente, est le germe de tout ce qui suit.

Être peintre suppose une disponibilité, un travail permanent, un engagement du corps qui ne se réduit pas à la production d'objets. Avoir des peintures suppose un inventaire, une valeur cumulée, une économie. Les deux ne s'opposent pas — mais ils ne se confondent pas non plus. La plupart des malentendus sur l'art contemporain naissent de leur confusion : la même œuvre est lue par certains comme témoignage d'un être et par d'autres comme avoir négociable.

Toutes les séries protocolaires de l'écosystème déclinent cette tension. AVEC partage l'œuvre comme avoir partagé. lOSt fragmente l'avoir pour qu'il devienne don. SEPPUKU éviscère l'avoir pour qu'il se redistribue. JE SUIS UNE PUTE assume l'avoir comme retournement éthique. Toutes ces variations supposent qu'on a déjà posé la question fondatrice. PEINTURE la pose silencieusement, depuis 1987.




LE DISCOURS ET LA PRAXIS
 

La rencontre avec les savoirs de l'art contemporain introduit une autre tension : la différence entre le discours et la praxis. Savoir parler de l'art et faire de l'art ne sont pas la même chose. Cette prise de conscience ne disqualifie pas PEINTURE — elle en révèle les limites comme posture.

Produire de la peinture ne suffit pas à construire une vie artistique. La peinture peut témoigner d'un être au monde sans pour autant produire le mouvement qui le partage avec d'autres. C'est cette limite qui rend nécessaires les séries protocolaires : prendre de la distance avec la production pour habiter autrement la pratique. Non plus produire de l'art dans sa vie, mais avoir une vie artistique.

PEINTURE reste le socle, ce à quoi on revient quand le protocole cède. Mais c'est précisément parce qu'elle a posé la question de l'être et de l'avoir qu'elle a rendu possible toutes les autres séries. Sans la racine absolue, le tronc n'aurait pas de quoi être fait.




LA RACINE ABSOLUE
 

Dans la métaphore du Ficus macrophylla, PEINTURE occupe une position singulière. Le Ficus possède des racines aériennes qui descendent au sol et deviennent troncs. Les autres racines de l'écosystème — PEINTOMATON, FANIMAL, INO ONI, VANITÉ, et les dix-neuf autres — sont des racines latérales : nourries depuis le tronc, elles produisent des séries autonomes mais finies.

PEINTURE est différente. Elle ne se referme pas. Elle ne devient pas une série au passé. Elle est la seule racine qui continue de descendre tandis que l'arbre pousse, qui reste vacante et disponible. On peut y revenir à tout moment, sans cadre, sans contrainte. C'est elle, et elle seule, qui rend la métaphore botanique exacte : un Ficus monumental existe parce que sa racine pivot ne cesse jamais de creuser le sol, même quand les branches couvrent un hectare.

Elle ne nourrit pas le tronc au sens où on nourrit quelque chose de l'extérieur. Elle est ce dont le tronc est fait. LOst-It n'est pas une réponse à PEINTURE : il est ce que PEINTURE est devenu quand la question a trouvé sa forme.

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2025 — Vue d'atelier 




ŒUVRES
 

Près de mille trois cents pièces depuis 1987. Sélection présentée ici, depuis les œuvres les plus anciennes (formats étudiants, sujets de jeunesse) jusqu'aux peintures récentes intégrées dans le tronc (œuvres LOst-It × PEINTURE numérotées dans le projet centenaire). La série n'est pas chronologique mais continue : elle accueille à toute date les peintures qui ne relèvent d'aucun protocole formalisé.



EXPOSITIONS
 

Multiples depuis 1987. PEINTURE n'est pas une série exposée comme telle, mais chaque œuvre individuelle a pu être présentée dans le cadre d'expositions personnelles ou collectives. Les pièces les plus récentes (œuvres LOst-It × PEINTURE) sont présentées dans les expositions du tronc. Liste des expositions personnelles : Voir la page CV →



PLACE DANS L'ÉCOSYSTÈME
 

PEINTURE est la racine absolue — antérieure à tout protocole, à toute question formalisée. C'est elle qui contient, sans encore les nommer, toutes les tensions que les séries suivantes vont déployer : l'être et l'avoir, le discours et la praxis, la distance et le contact.

Elle ne nourrit pas le tronc — elle est ce dont le tronc est fait. LOst-It n'est pas une réponse à PEINTURE : il est ce que PEINTURE est devenu quand la question a trouvé sa forme. Toutes les autres racines latérales (PEINTOMATON, FANIMAL, INO ONI, VANITÉ, DÉSIRE, INTIMATE, lOSt, AVEC, JE SUIS UNE PUTE, GAITÉ, dOUTe, RÉTRO, et toutes les autres) ont germé dans PEINTURE avant de devenir séries autonomes.

Sa position singulière dans la métaphore botanique : c'est la seule racine qui continue de descendre tandis que l'arbre pousse. Elle reste vivante, vacante, disponible — condition de possibilité de la croissance.



RÉCAP FINAL
 

PEINTURE — depuis 1987, série ouverte. Près de mille trois cents peintures à l'huile sur toile ou sur lin, formats variés, sujets variés. Pas de règle de participation, pas d'extraction typographique du titre, pas de transposition. Triple fonction dans l'écosystème : origine, test, refuge. Seule racine qui continue de descendre tandis que l'arbre pousse.



DOSSIER SPÉCIFIQUE
 



MICRO-RÉFÉRENCE FICUS

Ficus macrophy a monumental de Garcino Canbeldi_edited.jpg

  Ficus macrophylla monumental de Giardino Garibaldi, piazza marine à Palermo.

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