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O Μινώταυρος

Sous-titre : ? Autophagie

Catégorie : Branches

Période : 2023 - 2025

Réalisations : 48 Peintures (clos)



EN RÉSUMÉ

O Μινώταυρος est une série picturale participative de portraits : chaque modèle est un Thésée contemporain — quelqu'un qui s'est nourri de la culture passée pour affronter sa part animale et sortir de son labyrinthe intérieur. L'artiste est le premier modèle, comme dans toute série participative. Elena D'Alessandro Layral était le second. La mort de cette dernière à interrompue la série qui n’aura que deux volets.



LE PORTFOLIO

Sélection de 7 Œuvres sur l'ensemble de la production.

1230 • O Μινώταυρος Elena & Sébastien D’Alessandro Layral

2024 • Huile sur toile encadrée • 200x300 cm

1241 • O Μινώταυρος Elena D’Alessandro Layral

2024 • Huile & cendres sur toile encadrée • 73x50 cm • Ⓒ

1222 • O Μινώταυρος

2024 • Huile sur toile encadrée • 16x27 cm • Ⓒ

1207 • ο Μινώταυρος

2023 • Huile sur toile • 160x160 cm • Ⓒ

1224 • O Μινώταυρος Elena D’Alessandro Layral

2024 • Huile sur toile encadrée • 46x61 cm • Ⓒ

1210 • O Μινώταυρος

2023 • Huile sur toile encadrée • 65x54 cm • Ⓒ

1252 • O Μινώταυρος Elena D’Alessandro Layral

« une excellente raison (p.18)

Œuvre 62/12000 • 2025 • Huile sur toile encadrée • 97x130 cm



LE PROJET

Le protocole est constant : l'artiste réalise une session photographique avec chaque participant, peint leur portrait, puis les invite à intervenir sur ce portrait de la façon qui leur semble juste — sans consigne de forme ni de contenu. Chaque modèle entre dans l'image à sa manière. La série devait se poursuivre avec d'autres Thésées contemporains. Elle n'en a eu que deux.


Le premier volet, Autophagie (2023–2024, 16 peintures), met en scène l'artiste lui-même transformé en Minotaure vêtu de bleu — figure de l'animalité intérieure, de la part d'ombre que l'humain doit apprendre à regarder pour trouver un équilibre dans le déséquilibre. Le Minotaure n'est pas un monstre à abattre : c'est une part de soi à reconnaître. Thésée ne tue pas — il évolue. C'est ici que naît le fil d'Ariane : ligne rouge traversant certaines toiles, symbole fragile d'une possibilité de sortie que rien ne garantit.


Le second volet, imMORtALE (2024–2025, 31 peintures), naît d'une interruption brutale. Elena D'Alessandro Layral, femme de l'artiste, était philosophe et luthière. Née dans une famille noble de Sicile, elle avait tout quitté — sa ville, les attentes de son père, la foi imposée — pour devenir celle qu'elle devait être. Elle avait étudié la philosophie, cumulé plusieurs travaux pour apprendre la lutherie, traversé les frontières pour continuer sa formation. En cinq ans partagés avec l'artiste, dans des conditions difficiles, elle était devenue cette femme. La maladie l'a prise. Elle est morte debout. Elena était précisément un Thésée — quelqu'un qui s'était armé de culture et de courage pour affronter son labyrinthe, et qui en était sortie transformée.


Les photographies avaient été faites, les portraits commencés, quand elle a été hospitalisée. Sa mort a tout arrêté. Puis la question est devenue urgente et sans réponse évidente : comment pouvait-elle intervenir sur son propre portrait, maintenant qu'elle était morte ? Ni l'artiste ni Elena n'avaient pu parler de l'après — non par manque de temps, mais parce que la société place la mort hors de la vie, dans un espace où il serait déplacé d'y entrer tant qu'on vit encore. Les cendres soufflées dans le glacis frais sont aussi la conversation que cette interdiction sociale avait rendue impossible. Ce que les mots n'ont pas pu préparer, la matière l'accomplit.


Une partie des cendres avait été ramenée en Sicile, sur les lieux de leur amour. Une autre a été conservée pour ce travail. Soufflées sur la surface recouverte de glacis encore frais, elles sont entrées dans la matière picturale — physiquement, irréversiblement. Son intervention est permanente. Elena ne devient pas une urne, un monument, un rituel figé dans le moment de la perte. Elle continue d'intervenir dans une œuvre vivante. La série questionne ainsi la place que nous donnons socialement à ceux qui nous quittent : cette place — cérémonies, commémorations, objets sacralisés — est une hérésie qui nous colle au moment douloureux de la mort plutôt que de nous permettre de continuer à vivre avec eux autrement.



LA LECTURE SÉMENTIQUE

O Μινώταυρος — le O est l'article défini masculin en grec ancien : simplement Le. Le titre entier est en grec : Le Minotaure. Opération : réhabilitation. Le titre est écrit dans la langue du mythe originel — le grec — signalant à la fois le retour à la source et le déplacement dans le contemporain. Ce n'est pas une traduction, c'est un geste : nommer dans la langue d'origine, c'est traiter le mythe avec la dignité de ce qu'il était avant d'être vulgarisé, détourné, folklorisé.


La réhabilitation opère un pivot décisif : le Minotaure du mythe est un monstre extérieur, enfermé pour protéger les autres. Dans la série, ce pivot retourne la figure : le Minotaure n'est pas dehors — il est une part intérieure de l'humain qu'il s'agit de reconnaître pour trouver un équilibre dans le déséquilibre.

? Autophagie — AUTO + PHAGIE : se dévorer soi-même. Le mythe allait de l'intérieur vers l'extérieur — le monstre dévorait les victimes. Le sous-titre inverse la direction : c'est nous qui nous mangeons, nos barbaries, nos labyrinthes intérieurs que nous habitons et consumons.


imMORtALE — le titre du second volet se lit immortale en italien (la langue d'Elena). Les majuscules M, O, R, A, L, E extraient MORALE — l'impératif éthique, ce qui reste comme obligation face à la mort. Et MORT est emboîté au cœur du mot — im-MORT-ale. Opérations : extraction de MORALE + emboîtement de MORT dans l'immortalité.



DANS L'ÉCOSYSTÈME DE L'ARBRE

O Μινώταυρος — le O est l'article défini masculin en grec ancien : simplement Le. Le titre entier est en grec : Le Minotaure. Opération : réhabilitation. Le titre est écrit dans la langue du mythe originel — le grec — signalant à la fois le retour à la source et le déplacement dans le contemporain. Ce n'est pas une traduction, c'est un geste : nommer dans la langue d'origine, c'est traiter le mythe avec la dignité de ce qu'il était avant d'être vulgarisé, détourné, folklorisé.


La réhabilitation opère un pivot décisif : le Minotaure du mythe est un monstre extérieur, enfermé pour protéger les autres. Dans la série, ce pivot retourne la figure : le Minotaure n'est pas dehors — il est une part intérieure de l'humain qu'il s'agit de reconnaître pour trouver un équilibre dans le déséquilibre.

? Autophagie — AUTO + PHAGIE : se dévorer soi-même. Le mythe allait de l'intérieur vers l'extérieur — le monstre dévorait les victimes. Le sous-titre inverse la direction : c'est nous qui nous mangeons, nos barbaries, nos labyrinthes intérieurs que nous habitons et consumons.


imMORtALE — le titre du second volet se lit immortale en italien (la langue d'Elena). Les majuscules M, O, R, A, L, E extraient MORALE — l'impératif éthique, ce qui reste comme obligation face à la mort. Et MORT est emboîté au cœur du mot — im-MORT-ale. Opérations : extraction de MORALE + emboîtement de MORT dans l'immortalité.

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