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SEPPUKU

Sous-titre : ? Appropriation

Catégorie : Branches

Période : 2017 -

Réalisations : 3 Peintures (évolutif)




EN RÉSUMÉ

SEPPUKU n'est pas une série autonome — c'est un protocole performatif qui s'applique à d'autres œuvres. Appliqué jusqu'ici à trois peintures appartenant à trois séries distinctes — lOSt, diCIBLE, LOst-It —, il transforme chaque toile en corps ouvert : le public paie pour lancer une fléchette, extrait un fragment, et emporte une partie de l'œuvre. Ce qui sort de la toile, c'est ce qui sort d'un corps éviscéré. Le travail et la vie ne faisant qu'un, c'est l'artiste qui s'éviscère.



LE PORTFOLIO

Sélection de 7 Œuvres sur l'ensemble de la production.

1044 DIcible Fair Seppuku 

2019, Huile sur lin, 125x200

940 LOST FAiR 

2017, Installation performée , Stand de tir, Huile et Fléchettes sur lin, 200x250

1142 loSt-It SEPPUKU 

"monde a trois dimensions," (p.17) 

Œuvre N°15/12000) 2023, huile sur bois encadrée, livre, Poliptyque, 165x210



LE PROJET

Le seppuku japonais consiste à entrer soi-même la lame dans son ventre et à laisser sortir. SEPPUKU transpose ce geste sur la peinture : chaque fléchette entre dans la toile, et ce qui sort — le fragment découpé, encadré, remis au participant — est l'équivalent des entrailles rendues publiques. Puisque le travail et la vie ne font qu'un, chaque lancer est un acte accompli sur le corps même de l’artiste.


Le dispositif économique est précis et délibéré. Pour la peinture LOst-It actuellement en jeu — « monde à trois dimensions » (p.17), œuvre 15/12 000, huile sur bois, polyptyque de 25 panneaux de 24×33 cm, valeur totale 15 000 € —, chaque panneau a une valeur cotée de 1 400 €. Le prix d'un lancer est calculé non sur cette valeur mais sur la part proportionnelle de l'œuvre totale : 15 000 € ÷ 25 = 600 €. Le participant acquiert un fragment valant 1 400 € pour 600 €. L'intégralité de la somme est reversée à FA.ZA.SO.MA, association dont l'artiste est président depuis 2016. L'artiste perd l'intégrité de l'œuvre, la valeur marchande qu'il aurait pu en tirer, et un fragment de lui-même. Il n'en garde rien.


Ce que révèle la fragmentation va plus loin encore. La toile complète forme une image unifiée et lisible. Chaque fragment prélevé devient une œuvre abstraite — un détail sans contexte, une vérité partielle. L'artiste inverse ici son propre principe fondateur : là où AVEC part de fragments individuels pour composer une réalité plurielle, SEPPUKU part d'une image unifiée et la dissèque jusqu'à ce qu'elle ne soit plus reconnaissable. La seule façon de retrouver l'image complète sera de réunir l'ensemble des participants. La réalité ne peut être perçue que comme la somme des vérités individuelles — mais ici, c'est en partant de l'unité qu'on le découvre, en la détruisant.


Le protocole a été appliqué dans un ordre qui n'est pas anodin : d'abord à lOSt (une racine), puis à diCIBLE (une autre racine), puis à LOst-It (le tronc lui-même). La lame s'est enfoncée de plus en plus au cœur de la pratique.



LA LECTURE SÉMENTIQUE

PlAIsiR loSt-it — le titre est indissociable. Les majuscules extraites sur l'ensemble : P, A, I, R dans PlAIsiR + S dans loSt → PAIRS. Opération : extraction sur le titre entier. Le plaisir perdu contient PAIRS — la paire, le binôme, l'égal en tension.


Ce que PAIRS révèle, c'est la question fondatrice : bonheur et gaieté forment un binôme en apparence synonyme dont la série expose le paradoxe irréductible. Chercher le plaisir détruit le bonheur, chercher la gaieté peut annuler la conscience. Les pairs ne sont pas en harmonie — ils sont en friction.

La série prolonge directement LOst-It : le texte du Mythe de Sisyphe est physiquement présent dans les toiles, inscrit sur la surface peinte. Ce qui dans le tronc était comprimé en quelques mots sur un Post-it — chaque pense-bête portant un fragment de la phrase qui construit progressivement le livre entier — se déploie ici sur la toile entière, comme une présence de fond, une couche qui soutient la figure. La continuité n'est pas seulement thématique : elle est picturale et littérale.


La figure humaine est au centre — autoportrait, immobile. La nature brûle autour, le feu se matérialise, la destruction est réelle. Cette immobilité est sisyphéenne : l'homme ne fuit pas, il tient. Il reste debout dans l'absurde comme Sisyphe recommence. Le plaisir brûle le bonheur comme le feu brûle la nature — et la conscience de l'homme immobile qui regarde sans bouger est la seule réponse possible.

? Binôme — le sous-titre pose la question de ce qui fait paire sans faire accord, de ce qui semble aller ensemble et se détruit mutuellement.



DANS L'ÉCOSYSTÈME DE L'ARBRE

PlAIsiR loSt-it — le titre est indissociable. Les majuscules extraites sur l'ensemble : P, A, I, R dans PlAIsiR + S dans loSt → PAIRS. Opération : extraction sur le titre entier. Le plaisir perdu contient PAIRS — la paire, le binôme, l'égal en tension.


Ce que PAIRS révèle, c'est la question fondatrice : bonheur et gaieté forment un binôme en apparence synonyme dont la série expose le paradoxe irréductible. Chercher le plaisir détruit le bonheur, chercher la gaieté peut annuler la conscience. Les pairs ne sont pas en harmonie — ils sont en friction.

La série prolonge directement LOst-It : le texte du Mythe de Sisyphe est physiquement présent dans les toiles, inscrit sur la surface peinte. Ce qui dans le tronc était comprimé en quelques mots sur un Post-it — chaque pense-bête portant un fragment de la phrase qui construit progressivement le livre entier — se déploie ici sur la toile entière, comme une présence de fond, une couche qui soutient la figure. La continuité n'est pas seulement thématique : elle est picturale et littérale.


La figure humaine est au centre — autoportrait, immobile. La nature brûle autour, le feu se matérialise, la destruction est réelle. Cette immobilité est sisyphéenne : l'homme ne fuit pas, il tient. Il reste debout dans l'absurde comme Sisyphe recommence. Le plaisir brûle le bonheur comme le feu brûle la nature — et la conscience de l'homme immobile qui regarde sans bouger est la seule réponse possible.

? Binôme — le sous-titre pose la question de ce qui fait paire sans faire accord, de ce qui semble aller ensemble et se détruit mutuellement.

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