moissoNB1

2021 — Galerie 18bis, Paris, France
LES DONNÉES
Sous-Titre : ? Démophagie
Catégorie : Racine
Période : 2020 - 2022
Réalisations : 31 Peintures (série fermée)
Présentation générale : moissoNB1 convoque le mythe du Windigo — figure autochtone de la cupidité dévorante — pour révéler la répétition tragique des cycles de pouvoir à travers l'histoire : siècle après siècle, chaque détenteur de pouvoir s'octroie les mêmes facilités morales, et la même destruction des communautés recommence.
LE PORTFOLIO
Sélection : 7 œuvres sur 31 réalisées.

1107 • moissoNB1
2021 • huile sur lin encadrée • 51x66

1101 • moissoNB1
2021 • Huile sur lin encadrée • 66x51

1063 • moissoNB1
2020 • Huile sur hÊTRE • 38x46

1104 • moissoNB1
2021 • huile sur lin • 125x270

1117 • moissoNB1
2022 • Huile sur bois encadrée • 24x33 cm • Ⓒ

1112 • moissoNB1
2022 • Huile sur lin • 89x130 cm

1072 • moissoNB1
2020 • Huile sur hETRE • 46x38
moissoNB1 s'appuie sur le mythe du Windigo non comme référence culturelle d'une communauté précise, mais comme figure universelle : ce monstre de la mythologie autochtone incarne la cupidité qui pousse le pouvoir à se dévorer lui-même et à dévorer les autres. La série utilise ce mythe comme révélateur d'un système — la façon dont chaque dirigeant, chargé de pouvoir, s'octroie des facilités morales que la même structure de cupidité a déjà accordées à tous ses prédécesseurs. Le mythe traverse le temps et les peuples parce que ce mécanisme ne change pas.
Chaque peinture associe un personnage central à un contexte historique précis — conquêtes, colonisations, exploitations, destructions de communautés. L'indigo occupe une place importante dans les peintures : la couleur des vêtements, portée comme signe de pouvoir ou de condition, renvoie directement à l'histoire de l'indigo comme substance coloniale, cultivée par le travail forcé. La peinture ne décorative pas : elle incarne.
Chaque œuvre est reliée à une vidéo accessible par QR code — créations propres qui ouvrent des portes supplémentaires sur le traitement du sujet, prolongeant la peinture vers d'autres dimensions du propos. Le public est par ailleurs invité à écrire ses impressions sur des toiles vierges disposées dans l'espace. Ces toiles ne sont pas comptabilisées dans la série et sont détruites à l'issue de l'exposition — la parole collective, comme les communautés que la série documente, ne laisse pas de trace durable dans le système qui l'absorbe.
LE PROJET
EXPOSITIONS
2023 – Art Up – Louis Dimension Gallery, Lille, France
2022 – Opéra, Clermont Ferrand, France
2022 – Film Festival, Saturnia, Italie
2021 – Galerie 18Bis, Paris, France
LECTURE SÉMENTIQUE
moissoNB1 — le titre est une fusion en trois strates simultanées. Opération : emboîtement et fusion.
moisson : en français, la récolte — mais aussi le gain, le profit tiré du travail des autres. La chaîne se poursuit en anglais : gain → win — ce que le pouvoir cupide appelle victoire est la moisson des corps et des peuples.
NB1 : formule chimique de l'indigo. Les majuscules N et B encodent la substance même qui traversait la peinture — l'indigo des vêtements, l'indigo des plantations coloniales, l'indigo comme matière d'exploitation. Le titre contient littéralement le pigment.
La fusion moisson + NB1 crée un mot qui dit simultanément : la récolte (le gain, le win), et la substance de l'exploitation qui l'a rendue possible. L'indigo n'est pas une couleur choisie pour sa beauté — il est la preuve chimique du cycle.
? Démophagie — DEMOS (le peuple, en grec) + PHAGIE (dévorer). Le peuple dévoré par le pouvoir, ou le pouvoir qui se dévore lui-même en dévorant le peuple — le Windigo sous sa forme politique. Le ? ouvre la question : peut-on nommer ce cycle, le reconnaître, et l'interrompre ?
PLACE DANS L'ÉCOSYSTÈME
moissoNB1 est une racine profonde qui pose la question de l'histoire répétée et de la responsabilité collective face à la cupidité systémique. Elle nourrit le tronc en révélant que l'absurde camusien traverse aussi l'histoire : nous ne pouvons pas échapper au cycle de la destruction, mais nous pouvons choisir de le regarder en face. Elle dialogue avec diCIBLE sur la mémoire économique du geste et la redistribution, et avec LOst-It sur la répétition comme condition humaine.
ÉCOSYSTÈME DE RÉFÉRENCE
Caractéristiques principales :
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Espèce : Ficus macrophylla (figuier de la baie de Moreton), originaire d’Australie.
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Plantation à Palerme : 1863–1864.
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Hauteur : environ 30 m.
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Structure : un tronc central avec de nombreuses racines aériennes qui descendent au sol et deviennent de nouveaux “piliers”, donnant l’impression d’un arbre avec branches-racines multiples.
• Il est souvent considéré comme l’un des plus grands arbres d’Europe en volume de végétation.

Ficus macrophylla monumental de Giardino Garibaldi, piazza marine à Palermo.