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ŒUVRE - BRANCHES

Sept séries déploient le tronc LOst-It dans des territoires distincts. Quatre sont nées directement de lui (PlAIsiR loSt-it, O Μινώταυρος, loSt-orIgaSMIQUE, CEnSURE), trois sont d'anciennes racines relues à l'aune de l'absurde camusien (LIbrE, inTIME, SEPPUKU). 2017–2026.




PlAIsiR loSt-it

? Binôme

 

Branche éclose du tronc LOst-It. Le Post-it texté de Camus prolongé en peinture grand format, croisé au plaisir comme paradoxe et à l'Anthropocène. 14 autoportraits confrontant la figure immobile, le paysage en feu et les fragments du Mythe de Sisyphe.

Série en cours. 2025 - 2026. 

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  • Dispositif
    Chaque tableau fonctionne par confrontation binaire. La figure — toujours l'artiste, toujours immobile — est placée face à un paysage en feu. Entre eux, les papiers froissés de LOst-It réémergent, portant les fragments du Mythe de Sisyphe. Formats grands : de 92×73 à 180×272 cm. Dans plusieurs tableaux, la figure porte des objets BDSM (bâillon, masque) qui suppriment la parole et la vue.


    Intention
    La série déploie l'absurde camusien sur le terrain du plaisir. À l'échelle individuelle, le plaisir consume jusqu'à effacer la perception du bonheur ; à l'échelle planétaire, les paysages en feu détruisent les conditions mêmes du bonheur. Même logique d'incendie, à deux échelles en confrontation permanente. Le bâillon et le masque rendent l'argument corps : le plaisir nous prive de la parole et de la vue sur ce qu'il détruit.


    Contexte
    Née d'une invitation de Corine Borgnet sur le thème « le plaisir n'est pas gai ». Première branche où le tronc rencontre l'écologie — annonce le retour de inTIME en 2026, qui sera relue à son tour par l'absurde. Présentée à Paris (100 ECS, Galerie Sabine Bayasli, Galerie Valérie Delaunay, Espace Cécilia J) en 2025.




LIbrE

? Liberté

 

Ancienne racine relue à l'aune de LOst-It. La liberté éprouvée dans l'acte révèle l'absurde de notre incapacité à la penser autrement qu'à travers une seule grille culturelle. Sept performances participatives où chaque participant tatoue directement et définitivement le corps de l'artiste. À l'issue, 83 personnes ont tatoué ce corps. Série évolutive. Depuis 2017.

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  • Dispositif

     

    Le dispositif est d'une radicalité simple : l'artiste se présente, le public tatoue. Un tatoueur professionnel est présent pour la seule supervision hygiénique. Chacun inscrit librement ce qu'il choisit — mot, signe, dessin, symbole — en noir ou en blanc, sans thème imposé ni forme prescrite. Aucun retour possible. Toulon 2018, La Sorbonne 2025, et autres lieux.

    Intention

     

    La série teste la liberté dans son moment opératoire : qu'est-ce qu'agir librement quand le support est un autre corps qui s'offre ? La répétition spontanée du mot ABSURDE en plusieurs mains, plusieurs langues, plusieurs graphies — français, cyrillique, signes — révèle ce que le dispositif produit sans consigne : chacun répond à la question de l'absurde depuis sa propre culture. La liberté n'est pas dans le geste de l'artiste, elle est entièrement déléguée à l'autre.

    Contexte

     

    Branche relue à partir de LOst-It : ce que la série interrogeait depuis 2017 dans la performance participative trouve son articulation à l'absurde camusien quand le tronc se met en place en 2022. Les 83 vérités individuelles superposées coexistent sans hiérarchie. Présentée à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (2025), Musée Labenche (2024), 100 ECS Paris (2022), Nero Gallery Rome (2020).




O Μινώταυρος

Branche éclose du tronc LOst-It. Le Mythe de Sisyphe croisé au mythe du Minotaure et au deuil. Deux volets : Autophagie (Minotaure comme animalité intérieure, 16 peintures) et imMORtALE (absurde de la mort, dédié à Elena D'Alessandro Layral, 31 peintures avec cendres funéraires intégrées). 48 réalisations. Série fermée. 2023 - 2025.

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  • Dispositif

    Le protocole est constant : l'artiste réalise une session photographique avec chaque participant, peint leur portrait, puis les invite à intervenir sur ce portrait sans consigne. Chaque modèle est un Thésée contemporain — quelqu'un qui s'est nourri de la culture passée pour affronter sa part animale et sortir de son labyrinthe intérieur. La série n'a connu que deux modèles : l'artiste et Elena. Dans le second volet, les cendres funéraires soufflées dans le glacis frais entrent dans la matière picturale, physiquement, irréversiblement.

    Intention

    Le mythe grec rencontre l'absurde moderne. Thésée n'est plus le héros qui tue le monstre, il est celui qui survit à l'absurde de la perte. Le sous-titre ? Autophagie inverse le sens du mythe : ce n'est plus le Minotaure qui dévore les victimes, c'est nous qui nous mangeons, nos labyrinthes intérieurs qui nous consument. Le second volet questionne la place que la société donne aux disparus : Elena ne devient pas une urne ou un monument, elle continue d'intervenir dans une œuvre vivante.

    Contexte

    La série est née comme exploration mythologique en 2023, interrompue brutalement par la mort d'Elena D'Alessandro Layral en 2024. Le second volet imMORtALE poursuit avec ses cendres ce qu'elle ne peut plus signer. Le fil d'Ariane — ligne rouge traversant certaines toiles — naît ici et migrera ensuite dans PlAIsiR loSt-it. Présentée à Brive, Lille, Knokke-Le-Zoute, Paris en 2024.




CEnSURE

? Césure

 

Issue du tronc LOst-It par anticipation : réalisée en 2018, elle déploie déjà l'absurde camusien — la censure subie devient césure choisie. Sculpture humaine où l'artiste prélève en 2018 le lobule gauche de son oreille, le conserve dans du formol, et présente l'ensemble comme œuvre à vendre. L'intégralité du montant sera reversée à sept projets humanistes engagés pour la liberté. Une seule pièce. 2018. 

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  • Projet

    CEnSURE est une sculpture humaine engageant directement le corps de l’artiste comme espace de décision et de responsabilité. Le projet naît d’une invitation de la Nero Gallery à Rome à participer à une exposition consacrée à la censure. Plutôt que d’adopter une position d’opposition frontale, Sébastien Layral D’Alessandro choisit de déplacer la question : que devient la liberté lorsqu’une part de soi est retranchée ?

     

    Avant l’exposition, l’artiste décide de provoquer lui-même cette dissociation. Le lobule gauche de son oreille est prélevé puis présenté comme sculpture. Ce geste est posé depuis une recherche de justesse et de responsabilité : reprendre l’initiative là où une contrainte pourrait être subie.

    L’œuvre prend alors la forme d’une mise en vente réelle de cette partie du corps. En cas d’acquisition, l’intégralité du montant est destinée à soutenir sept projets humanistes engagés pour la liberté. La séparation initiale n’est pas envisagée comme une perte, mais comme une multiplication : à partir d’une unité dissociée se déploient des actions supplémentaires, concrètes et coopératives.

     

    Par ce déplacement, CEnSURE transforme l’idée de censure en capacité d’initiative. Le corps devient lieu d’engagement réel, où création, responsabilité et liberté se construisent par l’acte plutôt que par la seule déclaration.

     

     

    Données de la série

    • Type : Sculpture humaine

    • Sous-titre : ? Césure 

    • Année : 2018

    • Nombre : 1 œuvre

    • Principe : prélèvement réel du lobule gauche de l’artiste, présenté comme sculpture puis mis en vente ; reversement intégral de la vente à sept projets humanistes

    • Destination des fonds : reversement intégral à sept projets humanistes

    • Exposition : 

    2024 LILLE - Canopy - Louis Dimension Agency

    2024 BRIVE - Chapelle Saint Libéral - Musée Labenche

    2023 BERLIN - Galerie Blabla 

    2022 VENISE - Artivist

    2021 PARIS - Galerie 18bis

    2020 ROME - Nero Gallery




inTIME

? Anthropocène

 

Ancienne racine relue à l'aune de LOst-It, en cours de reprise par l'absurde camusien. Installation picturale participative où chaque peinture de paysage fragile est soumise à une règle irréversible : achetée dans la journée, elle est sauvée ; non vendue, elle est détruite le soir même par le galeriste. 44 réalisations. Série évolutive. Depuis 2017.

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  • Dispositif

     

    inTIME présente des paysages fragiles peints à l'huile sur lin. Le nombre d'œuvres exposées correspond au nombre de jours d'exposition. Chaque soir, une toile non vendue est altérée par le galeriste — la forme de la destruction est laissée à sa convenance, mais elle doit être réelle et à la mesure d'un paysage défiguré par l'empreinte humaine. Un tiers du prix de toute œuvre vendue est reversé à une association partenaire (Akamasoa, ou autre selon le contexte d'exposition).

    Intention

     

    L'exposition n'est pas une métaphore — elle est le miroir fidèle de ce qui se passe chaque jour à l'extérieur, où un paysage que nous ne protégeons pas disparaît. L'acte d'achat devient un geste de sauvegarde. La participation ne se limite pas au public : le galeriste est lui aussi acteur, c'est à lui que revient la responsabilité de la destruction. Toute la chaîne de l'art est interrogée — du peintre au galeriste au collectionneur.

    Contexte

     

    Branche relue à partir de LOst-It : ce que la série interrogeait depuis 2017 sur l'urgence écologique trouve son articulation à l'absurde camusien dans la reprise prévue en 2026. Annoncée par PlAIsiR loSt-it qui peint l'aveuglement systémique. À Maurs, une association écologique locale a reçu le tiers, unique bénéficiaire de la seule œuvre sauvée pendant l'exposition. Présentée à Brive, Lille, Berlin, Venise, Paris, Rome de 2020 à 2024.




SEPPUKU

? Appropriation

 

Ancienne racine relue à l'aune de LOst-It. Protocole performatif qui s'applique à d'autres œuvres pour les éviscérer publiquement. Appliqué à trois peintures appartenant à trois séries distinctes (lOSt, diCIBLE, LOst-It) — chaque application enfonçant la lame plus profondément dans le cœur de la pratique. Série évolutive. Depuis 2017.

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  • Dispositif

     

    Le seppuku japonais consiste à entrer soi-même la lame dans son ventre et à laisser sortir. SEPPUKU transpose ce geste sur la peinture : chaque fléchette entre dans la toile, et ce qui sort — le fragment découpé, encadré, remis au participant — est l'équivalent des entrailles rendues publiques. Pour la peinture LOst-It actuellement en jeu (« monde a trois dimensions », œuvre 15/12 000, valeur 15 000 €), chaque panneau vaut 1 400 €. Le prix d'un lancer est calculé sur la part proportionnelle : 600 €. Le participant acquiert un fragment valant 1 400 € pour 600 €.

    Intention

     

    Puisque le travail et la vie ne font qu'un, c'est l'artiste qui s'éviscère par procuration. L'intégralité de la somme est reversée à FA.ZA.SO.MA, association dont l'artiste est président. L'artiste perd l'intégrité de l'œuvre, sa valeur marchande, et un fragment de lui-même. Il n'en garde rien. Le sous-titre ? Appropriation tient ouverte la question : l'appropriation forcée d'un fragment est-elle une prise de possession, un acte de don, ou les deux simultanément ?

    Contexte

     

    Branche-protocole qui traverse plusieurs séries sans leur appartenir. Appliqué d'abord à lOSt (une racine), puis à diCIBLE (une autre racine), puis à LOst-It (le tronc lui-même) — la lame s'enfonce de plus en plus au cœur de la pratique. Présentée à Brive (2024), Riom (2023), Saint Martin d'Hères (2020), Paris (2017).




loSt-orIgaSMIQUE

? Eros

 

Branche directement issue du tronc LOst-It. Le mécanisme du Post-it texté de Camus appliqué à un territoire inédit : l'intimité sexuelle. 17 peintures où une pensée intrusive surgit pendant les ébats, détruit la présence au moment, et devient le sujet même de la peinture. Série fermée. 2023.

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  • Dispositif

     

    Chaque pensée intrusive — autobiographique ou collectée auprès de personnes ayant accepté de la partager — est consignée sur un Post-it. L'artiste froisse ce Post-it en origami de vulve. Ce geste manuel — transformer un fragment de texte en forme sexuelle — est au cœur de la série : la pensée qui avait détruit la présence érotique est reconvertie en objet érotique. La peinture vient ensuite fixer cet objet, fragment d'un érotisme interrompu.

    Intention

     

    La série pose une question simple et universelle : avez-vous déjà vécu ce phénomène du banal dans l'intime ? Une pensée intrusive vous éloigne soudainement du présent, dissout la présence au plaisir. Cette déconnexion révèle une difficulté fondamentale : nous ne pouvons jamais être totalement présents à notre propre plaisir. Camus y verrait l'absurde dans sa forme la plus intime — l'impossibilité de coïncider avec soi-même au moment de l'abandon.

    Contexte

     

    Née d'une invitation au salon érotique SALÒ, curaté par Laurent Quenehen aux Salaisons à Paris. Première branche où l'absurde camusien rencontre l'intimité sexuelle. Dialogue avec PlAIsiR loSt-it sur la destruction du bonheur par le plaisir, mais en miroir : là où PlAIsiR critique la consommation externe, loSt-orIgaSMIQUE révèle que l'absurde est interne, ancré dans le corps. Présentée Galerie Valérie Delaunay, Espace Cécilia J (2025), Salò XI (2024).

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