PlAIsiR loSt-it
? Binôme
PlAIsiR loSt-it est une branche directement éclose du tronc LOst-It en 2025. Quatorze autoportraits à l'huile où le texte du Mythe de Sisyphe se déploie en arrière-plan sur des paysages en feu, devant lesquels la figure humaine reste immobile. Née d'une invitation de l'artiste Corine Borgnet à explorer le thème du plaisir depuis une prémisse essentielle : le plaisir n'est pas gai.
LECTURE SÉMANTIQUE
PlAIsiR loSt-it — le titre est indissociable. Les majuscules extraites sur l'ensemble : P, A, I, R dans PlAIsiR + S dans loSt → PAIRS. Opération : extraction sur le titre entier. Le plaisir perdu contient PAIRS — la paire, le binôme, l'égal en tension.
Ce que PAIRS révèle, c'est la question fondatrice : bonheur et gaieté forment un binôme en apparence synonyme dont la série expose le paradoxe irréductible. Chercher le plaisir détruit le bonheur, chercher la gaieté peut annuler la conscience. Les pairs ne sont pas en harmonie — ils sont en friction.
La série prolonge directement LOst-It : le texte du Mythe de Sisyphe est physiquement présent dans les toiles, inscrit sur la surface peinte. Ce qui dans le tronc était comprimé en quelques mots sur un Post-it se déploie ici sur la toile entière, comme une présence de fond, une couche qui soutient la figure. La continuité n'est pas seulement thématique : elle est picturale et littérale.
La figure humaine est au centre — autoportrait, immobile. La nature brûle autour, le feu se matérialise, la destruction est réelle. Cette immobilité est sisyphéenne : l'homme ne fuit pas, il tient. Il reste debout dans l'absurde comme Sisyphe recommence. Le plaisir brûle le bonheur comme le feu brûle la nature — et la conscience de l'homme immobile qui regarde sans bouger est la seule réponse possible.
? Binôme — le sous-titre pose la question de ce qui fait paire sans faire accord, de ce qui semble aller ensemble et se détruit mutuellement.
LE DISPOSITIF
Chaque tableau est un autoportrait à l'huile sur toile, dans un format compris entre 61×46 cm et 180×272 cm. La figure de l'artiste y occupe toujours la même position : immobile, frontale, sans recul. Devant lui, le paysage brûle. Derrière lui, ou plus exactement à travers lui — sur la surface peinte elle-même — les fragments du Mythe de Sisyphe se déploient comme une transparence textuelle. Ces fragments sont la suite directe de ceux que LOst-It transpose, dans l'ordre du livre : la même phrase qui se construit lentement, étalée ici en grand format au lieu d'être comprimée sur un Post-it.
Le Post-it froissé du tronc se transforme. Sur ces toiles, il devient ciel — un ciel de papier en feu, traversé par les flammes du paysage. Le matériau de référence est le même mais l'échelle a changé. Ce que le tronc concentre, la branche déploie.
LES OBJETS BDSM
Dans plusieurs tableaux, la figure porte des objets empruntés au vocabulaire BDSM : bâillon, masque, lien. Le choix n'est pas iconographique. Ces objets ont une fonction logique précise — ils suppriment respectivement la parole et la vue. La figure bâillonnée ne peut plus nommer le bonheur. La figure aveuglée ne peut plus voir la destruction qu'elle a produite. C'est l'argument rendu corps : le plaisir nous réduit au silence et à l'aveuglement face à ses propres conséquences.
La référence au plaisir extrême — celui qui réclame la perte de contrôle volontaire — n'est ici pas critique. Elle est analytique : ce que le BDSM consent comme dispositif sexuel devient, transposé hors du cadre érotique, la description littérale de ce que le plaisir consommatoire fait au sujet contemporain. On accepte d'être bâillonné, on accepte d'être aveuglé, parce que c'est la condition du plaisir cherché.
LE FIL D'ARIANE
Dans les toiles, une ligne rouge horizontale coupe la surface en deux zones. Ce n'est pas une limite nouvelle : c'est le fil d'Ariane de O Μινώταυρος — le fil qui, dans la série du Minotaure, guidait hors du labyrinthe. Il traverse ici la toile, à peine visible dans la conflagration. Il existe encore. Il ne mène nulle part.
Ce détail picturalement discret est la trace d'un dialogue entre branches. Ce qui dans O Μινώταυρος cherchait la sortie devient ici une promesse qui s'éteint — l'incendie n'est pas seulement écologique, il est aussi mythologique. Sortir du labyrinthe ne sauve plus quand le labyrinthe lui-même brûle.

Exposition "Plaisir" · 100 ECS · Paris · 2025
ŒUVRES
Seize œuvres composent la série à ce jour, du format intime à la grande toile. Sélection présentée ici. La numérotation suit l'ordre du Mythe de Sisyphe pour les œuvres qui prélèvent une citation directe.
EXPOSITIONS
2025 — 100 ECS, Paris, France
2025 — Galerie Sabine Bayasli, Paris, France
2025 — Galerie Valérie Delaunay, Paris, France
2025 — Espace Cécilia J, Paris, France
PLACE DANS L'ÉCOSYSTÈME
PlAIsiR loSt-it est une branche directement issue du tronc LOst-It dont elle prolonge la transposition du Mythe de Sisyphe — les mêmes fragments de Camus continuent de se déployer sur les toiles. Elle dialogue avec inTIME sur la destruction écologique, mais là où inTIME pose la responsabilité du geste individuel (acheter pour sauver, laisser détruire pour ne pas sauver), PlAIsiR loSt-it peint l'aveuglement systémique : le plaisir comme cause invisible de l'incendie. Elle reçoit de O Μινώταυρος le fil d'Ariane — ligne rouge qui traverse certaines toiles, vestige d'un labyrinthe dont on ne sort pas. Avec loSt-orIgaSMIQUE, elle partage la question du plaisir comme terrain de l'absurde : l'une dans l'intime du corps, l'autre dans l'incendie du monde.
La série annonce le retour de inTIME en 2026 — première branche où le tronc rencontre l'écologie, elle ouvre le terrain que inTIME viendra labourer ensuite à une autre échelle.
RÉCAP FINAL
PlAIsiR loSt-it — 2025-2026, série en cours. Autoportraits à l'huile sur toile, formats de 61×46 cm à 180×272 cm. Seize œuvres réalisées à ce jour. Le texte du Mythe de Sisyphe se déploie en arrière-plan, prolongeant la transposition du tronc à grand format. Née d'une invitation de Corine Borgnet sur le thème « le plaisir n'est pas gai ».
DOSSIER SPÉCIFIQUE
MICRO-RÉFÉRENCE FICUS

Ficus macrophylla monumental de Giardino Garibaldi, piazza marine à Palermo.













