LIbrE
Sous-titre : ? Liberté
Catégorie : Branches
Période : 2017 -
Réalisations : 7 Performances participatives (évolutif)
EN RÉSUMÉ
LIbrE est une série de 7 performances participatives où chaque participant tatoue directement et définitivement le corps de l'artiste. Sans thème imposé, sans forme prescrite, sans médiation : muni des outils fournis par un tatoueur professionnel présent pour la seule supervision hygiénique, chacun inscrit librement ce qu'il choisit — mot, signe, dessin, symbole — en noir ou en blanc. À l'issue des 7 performances, 83 personnes ont tatoué ce corps.
LE PORTFOLIO
Sélection de 7 Œuvres sur l'ensemble de la production.

998 • LIbrE
2018 • Tatouage participatif • 12 visiterurs • bras gauche

927• LIbrE
2017 • Tatouage participatif sur bras droit • 12 spectateurs libre • Poinsignon & Debouit

1200 • LOst-It
2023 • taouage du public sur l'artiste, 11 intervenants, bras gauche • Ⓒ

1229 • LIbrE
2024 • taouage du public sur l'artiste • 11 intervenants • bras gauche • Poinsignon

1260 • LIbrE
2025 • Tatouage du public sur l'artiste • 12 intervenants • épaule gauche • Poinsignon

1099 • LIbrE
2022 • taouage du public sur l'artiste • 12 intervenants • Avant bras gauche

1046 • LIbrE
2020 • taouage du public sur l'artiste • 12 intervenants • Avant bras gauche
LE PROJET
LIbrE incarne le principe camusien de la liberté non comme affirmation de soi, mais comme capacité à accueillir la vérité de l'autre. Le dispositif est d'une radicalité simple : l'artiste se présente, le public tatoue. Il ne choisit pas ce qui sera inscrit. Il ne peut pas effacer. Il ne revient pas en arrière.
Ce qui en résulte n'est pas une œuvre composée mais une archive démocratique — 83 vérités individuelles superposées, qui coexistent sans hiérarchie sur un même corps. La répétition spontanée du mot ABSURDE en plusieurs mains, plusieurs langues, plusieurs graphies — français, cyrillique, signes — révèle ce que le dispositif produit sans consigne : chacun répond à la question de l'absurde depuis sa propre culture, sa propre langue, sa propre maladresse ou maîtrise. La liberté n'est pas dans le geste de l'artiste — elle est entièrement et irréversiblement déléguée à l’autre.
Cette délégation totale distingue LIbrE de CON-PASSION et de GRAFF, qui impliquent également des gestes participatifs liés au tatouage. Dans CON-PASSION, le geste est ritualisé, symbolique et réciproque — l'artiste tatoue aussi en retour. Dans GRAFF, la participation s'exerce d'abord sur une toile, et c'est un tatoueur qui sélectionne et transcrit sur le corps des mois plus tard. Dans LIbrE, rien ne médiatise : la main du participant rencontre directement la peau de l'artiste, sans délai, sans sélection, sans retour possible.
Le corps de l'artiste — entièrement composé de tatouages noirs et blancs — devient ainsi une stratigraphie vivante de la liberté des autres : une œuvre collective et permanente que nul, pas même son porteur, ne peut revendiquer seul.
LA LECTURE SÉMENTIQUE
LIbrE : L(maj)I(maj)b(min)r(min)E(maj). Les majuscules extraient L, I, E → LIE. Opération : extraction. Trois sens simultanés convergent dans ce seul mot.
LIE en français : le lien — ce qui attache, ce qui relie. Les 83 participants inscrits sur le corps de l'artiste exercent leur liberté dans un rapport direct à l'autre, au groupe, au corps commun. Leur geste libre produit un lien irréversible.
LIE en français : la lie — le dépôt, ce qui reste au fond. Les tatouages sont ce qui demeure du geste une fois la performance passée : le résidu permanent de la liberté exercée.
LIE en anglais : le mensonge. La culture scolaire enseigne que la liberté, c'est faire ce que l'on veut — autrement dit, elle associe la liberté au désordre, à l'individu affranchi de tout. C'est ce mensonge que LIBRE porte en lui et expose : LIBRE contient LIE, la liberté contient son propre mensonge fondateur.
La série répond à ce mensonge par une vision proudhonienne et camusienne de la liberté : non pas l'affranchissement de l'autre, mais la liberté vécue avec et par le groupe, en plaçant le collectif en première partie du moi. Les 83 participants ne sont pas libres malgré leur rapport à l'artiste — ils sont libres dans ce rapport, et c'est ce rapport qui constitue la liberté.
? Liberté — le sous-titre pose directement la question que LIE a déjà empoisonnée. Le ? est ici essentiel : la liberté n'est pas une certitude, c'est une question que chaque geste inscrit sur le corps tente de répondre.
DANS L'ÉCOSYSTÈME DE L'ARBRE
LIbrE : L(maj)I(maj)b(min)r(min)E(maj). Les majuscules extraient L, I, E → LIE. Opération : extraction. Trois sens simultanés convergent dans ce seul mot.
LIE en français : le lien — ce qui attache, ce qui relie. Les 83 participants inscrits sur le corps de l'artiste exercent leur liberté dans un rapport direct à l'autre, au groupe, au corps commun. Leur geste libre produit un lien irréversible.
LIE en français : la lie — le dépôt, ce qui reste au fond. Les tatouages sont ce qui demeure du geste une fois la performance passée : le résidu permanent de la liberté exercée.
LIE en anglais : le mensonge. La culture scolaire enseigne que la liberté, c'est faire ce que l'on veut — autrement dit, elle associe la liberté au désordre, à l'individu affranchi de tout. C'est ce mensonge que LIBRE porte en lui et expose : LIBRE contient LIE, la liberté contient son propre mensonge fondateur.
La série répond à ce mensonge par une vision proudhonienne et camusienne de la liberté : non pas l'affranchissement de l'autre, mais la liberté vécue avec et par le groupe, en plaçant le collectif en première partie du moi. Les 83 participants ne sont pas libres malgré leur rapport à l'artiste — ils sont libres dans ce rapport, et c'est ce rapport qui constitue la liberté.
? Liberté — le sous-titre pose directement la question que LIE a déjà empoisonnée. Le ? est ici essentiel : la liberté n'est pas une certitude, c'est une question que chaque geste inscrit sur le corps tente de répondre.





