FrOIssée
? Froissée
FrOIssée est une racine courte de l'écosystème, à la fois prélude au tronc et série autonome. Huit peintures réalisées en 2023 qui prennent pour modèle non une personne mais sa photographie froissée. Le papier écrasé devient paysage, les rides de la froissure deviennent celles du visage et de la vie. Ce que la photo lisse dissimule, la froissure le révèle.
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LECTURE SÉMANTIQUE
FrOIssée — les majuscules F, O, I extraient FOI. Pas la foi religieuse mais la foi qu'on accorde à l'image lisse — celle qu'on donne et qu'on reçoit. La FOI dans la photographie comme témoignage fidèle est mise à l'épreuve par le froissement même.
Participe passé féminin, double blessure : froisser désigne d'abord un geste physique (chiffonner le papier), puis un geste relationnel (blesser sans cicatrice visible). Le féminin du participe dit qui est froissée : l'image, la photographie, peut-être celle qu'elle représente. La série tient les deux à la fois — la matière du papier et la personne sous le pli.
? Froissée — le sous-titre tautologique referme l'opération : c'est la FOI dans l'image qui est froissée.
LE DISPOSITIF
Chaque peinture commence par une photographie. Pas un portrait posé, pas une image idéalisée : une photo trouvée ou produite qui sera ensuite délibérément froissée à la main. Le papier reçoit les plis, les creux, les cassures du geste. C'est ce papier froissé qui devient modèle de la peinture. L'artiste peint la photographie froissée comme on peindrait un paysage, en suivant la topographie nouvelle qu'elle a acquise : les rides de papier deviennent les rides du visage, les ombres des plis deviennent les ombres de la peau, les cassures matérielles deviennent les blessures représentées.
La peinture ne corrige pas le froissement. Elle l'enregistre comme nouvelle réalité. Le visage retrouve une vérité que la photographie lisse lui avait retirée : on n'est jamais aussi net qu'on le projette.
LA BLESSURE INITIALE
FrOIssée précède chronologiquement la formalisation de LOst-It (2022) sans en avoir conscience. Le Post-it froissé qui deviendra matière première du tronc travaille ici sa première hypothèse : le froissement comme révélateur, comme transformation positive d'un rejet apparent. Le geste de froisser un papier est habituellement celui du rejet — on rature, on abandonne. FrOIssée renverse ce geste : ce qui devait disparaître devient le sujet même de la peinture.
LOst-It radicalisera ce mouvement en l'appliquant à un objet plus minimal encore — le Post-it standard, pense-bête condamné à la corbeille, qui devient peinture à l'huile sur cent ans. FrOIssée porte la blessure initiale dont LOst-It deviendra le geste répété : derrière l'absurde du froissement multiplié, il y a toujours quelque chose qu'on n'a pas réussi à retenir et qu'on a écrasé dans sa main.

2023 — Appartelier de Châtel Guyon, France
ŒUVRES
Huit peintures, formats du 33×41 cm au 41×33 cm, huile sur toile encadrée ou libre. Modèles variés — proches de l'artiste, sujets anonymes — photographiés puis froissés avant d'être peints.
EXPOSITIONS
Série non encore exposée publiquement à ce jour. En attente d'un contexte adapté à la lecture conceptuelle de la froissure comme révélateur.
PLACE DANS L'ÉCOSYSTÈME
FrOIssée est une racine courte qui pose la question de l'image de soi comme construction fragile. Elle dialogue directement avec LOst-It en amont — le Post-it froissé est la matière première du tronc, et FrOIssée en porte la première hypothèse picturale. Elle nourrit le tronc en révélant que derrière l'absurde du geste répété, il y a toujours une blessure initiale.
RÉCAP FINAL
FrOIssée — 2023, série fermée. Huit peintures à l'huile sur toile, formats du 33×41 cm au 41×33 cm. Modèle : photographie froissée plutôt que personne en pose. Prélude pictural au tronc LOst-It, dont elle pose la première hypothèse : la froissure comme révélateur.



