SALÒ

Plaque dédiée à Gasparo da Salò sur l'église San Giuseppe de la rue Gasparo da Salò à Brescia • Photo Elena d'Alessandro Layral
LES DONNÉES
Sous-Titre : ? X
Catégorie : Racine courte
Période : 2018 - 2025
Réalisations : 12 Peintures + 7 Dessins (série ouverte)
Présentation générale : SALÒ est un projet inscrit dans le salon du dessin érotique SALÒ, explorant l'érotisme comme terrain de création et de responsabilité.
LE PORTFOLIO
Sélection : 6 œuvres sur 12 réalisées.

1018 • SALOp7
2019 • Sanguine Menstruelle sur papiers encadrés • 40x45 cm

1055 • SAL8
2020 • Godemichet & Huile sur Lin • 41x33 cm

1089 • Socio Anthro Luxus Ovis IX
2021 • Huile et laser sur bois • 32x27 cm


1108 - 1109 - 1110 • SALO X
2022 • Huile sur bois, tryptique • fermé & ouvert • 84x33 cm

1176 • loSt-orIgaSMIQUE • "Baiser plus de deux minutes"
2023 • Huile sur bois encadrée • 20x40 cm

1228 • O Μινώταυρος • Pasiphaeé
2024 • huile sur toile encadrée • 40x50 cm
LE PROJET
SALÒ naît de l'invitation à participer au salon du dessin érotique SALÒ, curatoré par Laurent Quenehen aux Salaisons, Paris. Le titre du salon convoque Pasolini — Salò ou les 120 journées de Sodome (1975), film inachevé à sa mort, dans lequel il transpose De Sade dans l'Italie fasciste de la République de Salò pour montrer que le pouvoir est la codification ultime du corps et du désir. C'est ce territoire que la série explore — non comme transgression gratuite, mais comme terrain de questionnement éthique et mythologique.
Chaque année un protocole distinct. En 2019, des portraits réalisés en langue des signes française à partir du sang menstruel du modèle — l'ensemble de la peinture, des tons les plus pâles aux plus profonds, est produit par dilutions successives du sang. Le corps du modèle signe son propre prénom avec sa propre matière.
En 2021, extension de moissoNB1 — l'homme de pouvoir aux cornes et au nimbe, tenant un agneau, entouré du texte laser de Bruce Nauman et de Marguerite Duras en miroir sur fond rouge, composé selon la spirale d'or. En 2022, un triptyque de retables dont les faces fermées portent en japonais les trois étapes du mythe d'Izanagi et Izanami : 黄泉路 (le chemin vers l'enfer), 黄泉比良坂 (le col entre les deux mondes), 黄泉之国 (le pays des morts). Ouverts, les trois panneaux montrent le corps d'Elena — la première peinture dans la position de L'Origine du monde de Courbet, traversée des marques chirurgicales de l'ablation de l'ovaire, première opération d'un cancer en trois phases. La deuxième : l'entrée.
La troisième : la cavité, grise, abstraite, avec un seul point rouge. Izanagi descend dans Yomi pour retrouver sa femme décédée — et fuit son corps en décomposition. La série ne fuit pas.
En 2024, extension de Ο Μινώταυρος — Pasiphaé, non plus dépendante du taureau mais du dispositif technologique qui l'a remplacé. La machine n'est plus le moyen du désir : elle en est la fin.
EXPOSITIONS
2024 - SALÒ 12, Les Salaisons, Paris, France.
2023 - SALÒ 11, Les Salaisons, Paris, France.
2022 - SALÒ 10, Les Salaisons, Paris, France.
2021 - SALÒ 9, Les Salaisons, Paris, France.
2020 - SALÒ 8, Les Salaisons, Paris, France.
2019 - SALÒ 7, Les Salaisons, Paris, France.
LECTURE SÉMENTIQUE
SALÒ — trois couches dans un seul mot. La ville d'abord : Salò, sur le lac de Garde, station balnéaire devenue siège de la République Sociale Italienne de Mussolini entre 1943 et 1945 — le pouvoir fasciste installé dans un lieu de plaisir et de villégiature. Le film ensuite : Pasolini y transpose les 120 Journées de Sodome de Sade dans ce contexte pour démontrer que le fascisme et la domination sexuelle partagent la même logique — la codification absolue du corps de l'autre par celui qui détient le pouvoir. Le salon enfin : un espace parisien de création érotique qui assume cette généalogie. Les trois sens coexistent sans s'annuler. La série s'y installe délibérément — dans la tension entre le lieu du plaisir, la critique du pouvoir, et la liberté de création. ?
X — le sous-titre est une variable. X change chaque année — le protocole est toujours un inconnu jusqu'à ce qu'il arrive. Mais X est aussi le symbole du censuré, du contenu marqué interdit, de ce qu'on cache derrière une lettre parce qu'on ne peut pas le nommer. Et X est le chromosome — le féminin qui traverse toutes les éditions, de la sanguine menstruelle à Pasiphaé, du corps d'Elena au corps de l'agneau.
PLACE DANS L'ÉCOSYSTÈME
SALÒ pose la question de l'érotisme comme terrain critique. Elle dialogue avec IoSt-orIgaSMIQUE sur le corps et le désir — mais là où IoSt-orIgaSMIQUE explore le plaisir comme expérience personnelle et performative, SALÒ l'inscrit dans des mythologies, des histoires et des corps réels. Elle dialogue avec moissoNB1, Ο Μινώταυρος, PERDERSI — chaque édition est une extension d'une autre série portée dans ce contexte spécifique. Elle nourrit le tronc en révélant que LOst-It traverse aussi l'érotisme : le corps désirant est un corps répété, multiple, absurde — et toujours politique.
ÉCOSYSTÈME DE RÉFÉRENCE
Caractéristiques principales :
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Espèce : Ficus macrophylla (figuier de la baie de Moreton), originaire d’Australie.
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Plantation à Palerme : 1863–1864.
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Hauteur : environ 30 m.
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Structure : un tronc central avec de nombreuses racines aériennes qui descendent au sol et deviennent de nouveaux “piliers”, donnant l’impression d’un arbre avec branches-racines multiples.
• Il est souvent considéré comme l’un des plus grands arbres d’Europe en volume de végétation.

Ficus macrophylla monumental de Giardino Garibaldi, piazza marine à Palermo.






