SALÒ
? X
SALÒ est une racine ouverte de l'écosystème, inscrite annuellement dans le salon du dessin érotique SALÒ aux Salaisons à Paris depuis 2018. Chaque édition produit un protocole distinct, en extension d'autres séries de l'écosystème (moissoNB1, O Μινώταυρος, loSt-orIgaSMIQUE, PERDerSi). Au total, douze peintures et sept dessins. L'érotisme y est traité comme terrain de création et de responsabilité critique.
Voir la page Démarche →
LECTURE SÉMANTIQUE
SALÒ — trois couches dans un seul mot.
La ville d'abord : Salò, sur le lac de Garde, station balnéaire devenue siège de la République Sociale Italienne de Mussolini entre 1943 et 1945 — le pouvoir fasciste installé dans un lieu de plaisir et de villégiature.
Le film ensuite : Pasolini y transpose les 120 Journées de Sodome de Sade dans ce contexte pour démontrer que le fascisme et la domination sexuelle partagent la même logique — la codification absolue du corps de l'autre par celui qui détient le pouvoir.
Le salon enfin : un espace parisien de création érotique qui assume cette généalogie. Les trois sens coexistent sans s'annuler. La série s'y installe délibérément — dans la tension entre le lieu du plaisir, la critique du pouvoir, et la liberté de création.
? X — le sous-titre est une variable. X change chaque année — le protocole est toujours un inconnu jusqu'à ce qu'il arrive. Mais X est aussi le symbole du censuré, du contenu marqué interdit, de ce qu'on cache derrière une lettre parce qu'on ne peut pas le nommer. Et X est le chromosome — le féminin qui traverse toutes les éditions, de la sanguine menstruelle à Pasiphaé, du corps d'Elena au corps de l'agneau.
LE DISPOSITIF
SALÒ naît de l'invitation à participer au salon du dessin érotique SALÒ, curatoré par Laurent Quenehen aux Salaisons à Paris. Chaque année, le salon ouvre l'invitation à un protocole différent. Pour cette série, le protocole annuel est délibérément distinct de l'année précédente : SALÒ n'est pas une série répétitive, c'est une racine qui produit chaque année une variation singulière.
LES PROTOCOLES ANNUELS
En 2019, des portraits réalisés en langue des signes française à partir du sang menstruel du modèle — l'ensemble de la peinture, des tons les plus pâles aux plus profonds, est produit par dilutions successives du sang. Le corps du modèle signe son propre prénom avec sa propre matière.
En 2021, extension de moissoNB1 — l'homme de pouvoir aux cornes et au nimbe, tenant un agneau, entouré du texte laser de Bruce Nauman et de Marguerite Duras en miroir sur fond rouge, composé selon la spirale d'or.
En 2022, un triptyque de retables dont les faces fermées portent en japonais les trois étapes du mythe d'Izanagi et Izanami : 黄泉路 (le chemin vers l'enfer), 黄泉比良坂 (le col entre les deux mondes), 黄泉之国 (le pays des morts). Ouverts, les trois panneaux montrent le corps d'Elena — la première peinture dans la position de L'Origine du monde de Courbet, traversée des marques chirurgicales de l'ablation de l'ovaire, première opération d'un cancer en trois phases. La deuxième : l'entrée. La troisième : la cavité, grise, abstraite, avec un seul point rouge. Izanagi descend dans Yomi pour retrouver sa femme décédée — et fuit son corps en décomposition. La série ne fuit pas.
En 2024, extension de O Μινώταυρος — Pasiphaé, non plus dépendante du taureau mais du dispositif technologique qui l'a remplacé. La machine n'est plus le moyen du désir : elle en est la fin.

Plaque dédiée à Gasparo da Salò sur l'église San Giuseppe de la rue Gasparo da Salò à Brescia · Photo Elena d'Alessandro Layral
ŒUVRES
Douze peintures et sept dessins, formats du 18×14 cm au triptyque format retable. Sélection présentée ici, par année.
EXPOSITIONS
2026 — SALÒ 14, Les Salaisons, Paris, France
2025 — SALÒ 13, Les Salaisons, Paris, France
2024 — SALÒ 12, Les Salaisons, Paris, France
2023 — SALÒ 11, Les Salaisons, Paris, France
2022 — SALÒ 10, Les Salaisons, Paris, France
2021 — SALÒ 9, Les Salaisons, Paris, France
2020 — SALÒ 8, Les Salaisons, Paris, France
2019 — SALÒ 7, Les Salaisons, Paris, France
2018 — SALÒ 6, Les Salaisons, Paris, France
PLACE DANS L'ÉCOSYSTÈME
SALÒ pose la question de l'érotisme comme terrain critique. Elle dialogue avec loSt-orIgaSMIQUE sur le corps et le désir — mais là où loSt-orIgaSMIQUE explore le plaisir comme expérience personnelle et performative, SALÒ l'inscrit dans des mythologies, des histoires et des corps réels. Elle dialogue avec moissoNB1, O Μινώταυρος, PERDerSi — chaque édition est une extension d'une autre série portée dans ce contexte spécifique. Elle nourrit le tronc en révélant que LOst-It traverse aussi l'érotisme : le corps désirant est un corps répété, multiple, absurde — et toujours politique.
RÉCAP FINAL
SALÒ — depuis 2018, racine ouverte. Douze peintures et sept dessins. Chaque édition un protocole distinct, en extension d'autres séries (moissoNB1, O Μινώταυρος, loSt-orIgaSMIQUE, PERDerSi). Inscription annuelle au salon SALÒ, curatoré par Laurent Quenehen aux Salaisons à Paris. Neuf éditions à ce jour (2018-2026).
DOSSIER SPÉCIFIQUE
MICRO-RÉFÉRENCE FICUS

Ficus macrophylla monumental de Giardino Garibaldi, piazza marine à Palermo.







