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THINK SAY DO BRIFFAUT

? C'est celui qui dit qui fait

 

THINK SAY DO BRIFFAUT est une racine courte de l'écosystème, réalisée en 2017. Sept huiles sur toile et douze huiles sur papier, nées d'une critique amicale de Vincent Briffaut sur l'incapacité commerciale de l'artiste. Au lieu de la rejeter, l'artiste la retourne : Vincent, en se chargeant de vendre, se retrouve propulsé marchand par sa propre parole. Une mini-série de crânes — vanité à la mode — chacun portant l'inscription « Ceci n'est pas une peinture » et accompagné d'un feutre acrylique, pour que l'acquéreur engage son geste plutôt que de juger à distance.

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LECTURE SÉMANTIQUE
 

THINK SAY DO : triptyque emprunté au vocabulaire du management anglo-saxon, où les trois verbes désignent un écart à résorber — l'espace entre ce qu'on pense, ce qu'on dit et ce qu'on fait. Ici, la série ne comble pas cet écart : elle le court-circuite. L'anglais des affaires est posé comme la langue d'un monde auquel l'artiste résiste — face au patronyme français qui suit et le referme.

BRIFFAUT : le nom propre fait irruption dans la séquence anglophone et la brise. Il nomme Vincent Briffaut — l'ami, non l'adversaire. Briffer, en argot français, signifie manger avec appétit, dévorer : ce que l'ami a lancé à l'artiste n'est pas une attaque, c'est une faim, une façon de mordre dans le réel. Le patronyme dans le titre est un acte d'amour — on ne nomme dans son œuvre que ceux qui comptent.

? C'est celui qui dit qui fait — détournement de la repartie enfantine « c'est celui qui dit qui l'est ». Ici, celui qui dit est tenu de faire : la parole critique n'a de valeur que si elle s'engage dans l'acte. Aujourd'hui, la critique est une posture généralisée et sans coût : on juge de tout sans avoir rien fait, rien éprouvé. La série la soumet à l'épreuve du faire : la critique de Briffaut ne vaut que parce qu'elle est exécutée, peinte, réalisée — et le feutre prolonge l'exigence en passant l'acte à l'acquéreur. Dire « tu ne sais pas faire ça » n'est plus une sentence, c'est un engagement réciproque : l'idée doit passer par le corps du faire. La série fonctionne comme une cocréation dont l'ami est l'origine, et qui ne s'achève que dans l'acte de chacun.




LE DISPOSITIF
 

La critique amicale, mot pour mot : « Le problème avec toi Layral, c'est que t'es nul en commercial. Si tu faisais de la vraie peinture qui se vend, style un bon crâne à la mode, ça pourrait se discuter. »

Au lieu de la rejeter, l'artiste l'accepte — et la retourne : c'est Vincent lui-même qui se charge de vendre, propulsé marchand par sa propre critique. Ensemble, ils produisent une mini-série de crânes — peinture de vanité à la mode au début des années 2010, motif emblématique du marché de l'art contemporain. Sept huiles sur toile et douze huiles sur papier sont réalisées, chacune portant l'inscription « Ceci n'est pas une peinture ».

Chaque œuvre est accompagnée d'un feutre acrylique : l'acquéreur reçoit l'objet vendable et l'outil pour y engager son geste. Le protocole fonctionne à deux niveaux successifs : d'abord commercial (produire la vraie peinture vendable demandée), puis participatif — la toile, qui se déclare « non-peinture », n'est plus que le support d'un acte que l'acquéreur doit prendre à son compte.




LA CRITIQUE COMME ŒUVRE
 

THINK SAY DO BRIFFAUT inverse une relation que la plupart des artistes vivent passivement : la critique commerciale du marché de l'art. La plupart répondent par l'opposition (« je ne veux pas faire ça ») ou par la concession (« je vais essayer »). L'artiste choisit une troisième voie : il accepte la critique, l'exécute à la lettre, et la renvoie à son auteur. Si l'ami dit qu'un crâne à la mode se vendrait, alors un crâne à la mode est peint, et c'est l'ami qui devra le vendre.

La série ne se moque pas de Vincent Briffaut : elle prend sa parole au sérieux au point de l'engager. Le résultat est une œuvre qui contient sa propre critique — commerciale dans sa forme initiale, participative dans sa forme finale. Elle accepte les règles du marché tout en sommant celui qui les invoque de s'y inscrire par l'acte, plutôt que de juger à distance.




LE FEUTRE ACRYLIQUE
 

Le feutre acrylique livré avec chaque œuvre n'est pas un supplément symbolique : c'est l'opérateur du sens. Sur le crâne — sujet de vanité par excellence — est inscrit « Ceci n'est pas une peinture », en écho direct au « Ceci n'est pas une pipe » de Magritte (La trahison des images, 1929). Mais là où Magritte dénonçait l'écart entre l'image et la chose, l'inscription dit ici autre chose : cette toile n'a que le statut que l'artiste lui donne, et ce statut n'est pas celui d'une peinture à contempler — c'est celui d'un vecteur, le support d'un acte.

Le feutre, outil réel capable de marquer durablement l'huile sèche, en donne le moyen : compléter, modifier, signer, vandaliser. L'objet vendable change de nature — il n'est plus une image qu'on consomme, mais une prise d'engagement tendue à celui qui l'acquiert.

Vincent en est le premier destinataire : l'ami devenu marchand, celui qui a dit « fais une peinture qui se vend » et reçoit une toile qui se déclare ne pas en être une. Mais à travers lui, c'est chacun qui est visé — non comme amateur d'images, mais comme cette part de nous qui juge tout sans avoir rien fait. Le feutre lui rend la main et la responsabilité. La plupart ne l'utiliseront pas ; sa seule présence suffit à transformer l'acquisition en engagement. L'œuvre n'est plus quelque chose qu'on possède — c'est un engagement qu'on prend.

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ŒUVRES
 

Sept huiles sur toile et douze huiles sur papier, motif crâne. Chaque œuvre vendue accompagnée de son feutre acrylique. Sélection présentée ici.



EXPOSITIONS
 

Série non publiquement exposée à ce jour comme ensemble. Les œuvres ont circulé individuellement chez les collectionneurs.



PLACE DANS L'ÉCOSYSTÈME
 

THINK SAY DO BRIFFAUT est une racine courte qui pose la critique comme méthode — à condition qu'elle s'incarne dans l'acte. Elle prolonge directement RÉTRO, qui redonne un corps à la parole en inscrivant la critique reçue sur la toile : là où RÉTRO archive et matérialise la critique, BRIFFAUT exige qu'elle passe à l'acte, chez l'artiste puis chez l'ami devenu marchand. Elle dialogue avec JE SUIS UNE PUTE et AVEC sur la collaboration, mais s'en distingue par l'humour — la provocation amicale plutôt que la confrontation. Elle nourrit le tronc en révélant que LOst-It peut aussi être drôle, et que l'absurde n'exclut pas l'engagement : une critique acceptée et exécutée génère plus de pratique qu'une critique combattue ou simplement reçue.



RÉCAP FINAL
 

THINK SAY DO BRIFFAUT — 2017, série fermée. Sept huiles sur toile et douze huiles sur papier, motif crâne de vanité, chacune portant l'inscription « Ceci n'est pas une peinture » et accompagnée d'un feutre acrylique. Née d'une critique amicale de Vincent Briffaut sur l'incapacité commerciale de l'artiste — critique retournée à son auteur, propulsé marchand, et soumise à l'épreuve de l'acte.



DOSSIER SPÉCIFIQUE
 



MICRO-RÉFÉRENCE FICUS

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  Ficus macrophylla monumental de Giardino Garibaldi, piazza marine à Palermo.

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