FANIMAL
? Anthropomorphie
FANIMAL est une racine profonde de l'écosystème, réalisée entre 2009 et 2013. Vingt-sept peintures au blanc de titane sur lin. Chaque visiteur de l'atelier est invité à dire à quel animal ou partie d'animal il se sent associé. Une photographie est prise, puis l'artiste peint cette image en monochrome blanc, ponce traversant pour révéler les couches, et soumet l'œuvre au modèle qui valide par un trait blanc.
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LECTURE SÉMANTIQUE
FANIMAL — contraction de FEMME et d'ANIMAL. Opération : absorption. De FEMME, il ne reste que le F — une initiale, une trace, presque une disparition. Le mot ANIMAL avale FEMME et ne restitue qu'une lettre. Mais ANIMAL contient déjà, en son cœur, le mot latin anima — souffle, âme, et dans la psychologie jungienne, l'archétype féminin logé dans l'inconscient. FANIMAL rend visible ce que ANIMAL dissimulait : la présence du féminin à l'intérieur même de l'animal. Ce n'est pas une métaphore — c'est une étymologie retrouvée. Le F ne disparaît pas : il nomme ce qui était déjà là.
? Anthropomorphie — le sous-titre questionne le geste habituel qui consiste à projeter l'humain sur l'animal. La série l'inverse : elle cherche l'animal dans la femme, ou la femme dans l'animal — non comme réduction ou insulte, mais comme reconnaissance d'une continuité que le langage ordinaire efface. Le ? ouvre la question : l'anthropomorphie est-elle une générosité (on prête une âme à l'animal) ou une confiscation (on nie à la femme son animalité) ?
LE DISPOSITIF
La question posée à chaque visiteur est volontairement simple : à quel animal, ou à quelle partie d'animal, vous sentez-vous associé ? L'apparente naïveté de la question révèle ce qu'on ne dit jamais sur soi. Le modèle peut répondre en silence ou expliciter — peu importe, ce qui compte c'est sa propre désignation.
Une photographie est prise. À partir d'elle, l'artiste peint une représentation monochrome au blanc de titane sur lin, unifiant le corps humain et la référence animale dans une même surface lumineuse. Le blanc de titane n'est pas neutre : il efface les contours, suspend les détails, ramène le portrait à sa structure essentielle. L'œuvre est ensuite rendue volontairement éphémère par un ponçage traversant, qui introduit dans la matière picturale les traces du rapport animal/humain enfoui dessous. Le modèle valide enfin l'œuvre par un trait blanc apposé au pinceau — signature de son propre animal intérieur.
L'ANIMA DANS L'ANIMAL
Le mot ANIMAL vient du latin anima — le souffle, le principe vital, ce qui anime un corps. Dans la philosophie médiévale, l'anima désigne ce qui distingue un être vivant d'un objet inerte. Tout vivant a une anima — humain, animal, végétal.
Carl Gustav Jung a déplacé le mot. Dans sa psychologie analytique, l'anima désigne l'archétype féminin logé dans l'inconscient de l'homme — la part féminine que chaque homme porte sans la reconnaître. Inversement, l'animus est l'archétype masculin logé dans l'inconscient de la femme. L'anima et l'animus ne sont pas des essences — ce sont des structures psychiques que la conscience refoule ou intègre.
FANIMAL fait surgir cette double étymologie. ANIMAL contient anima par sa racine latine, et anima contient le féminin par sa lecture jungienne. Quand l'artiste compose le mot FANIMAL, il ne projette pas la femme sur l'animal — il révèle que l'animal contenait déjà la femme. Le F initial n'est pas une violence faite au mot. C'est une lettre rendue à ce qu'elle nommait sans qu'on l'entende.

Préparatifs
ŒUVRES
Vingt-sept peintures au blanc de titane sur lin, formats variés du 27×41 cm au 73×54 cm. Sélection présentée ici. Les références animales évoquées par chaque modèle ne sont pas toujours nommées dans le titre — elles restent souvent dans la mémoire de l'atelier.
EXPOSITIONS
Série non publiquement exposée à ce jour comme ensemble.
PLACE DANS L'ÉCOSYSTÈME
FANIMAL est une racine profonde qui pose la question de l'animalité humaine et de l'hybridité. Elle dialogue avec INO ONI sur le corps et le ponçage traversant — mais où INO ONI respecte le corps comme territoire humain, FANIMAL l'interroge comme animal et le pose dans une continuité que le langage ordinaire refuse. Elle nourrit le tronc en révélant que LOst-It transcende la question de l'animalité : elle crée au-delà du corps, dans l'absurde pur du geste répété, où plus aucune appartenance d'espèce ne compte.
RÉCAP FINAL
FANIMAL — 2009-2013, série fermée. Vingt-sept peintures au blanc de titane sur lin, ponçage traversant, validation par trait blanc du modèle. Protocole : chaque visiteur dit à quel animal il se sent associé, photographie, peinture monochrome, ponçage, validation.








